Bambous

Les bambous de couleur : bleus, noirs, rouges, dorés, blancs, rayés

Par 6 min de lecture

Quatre bambous de couleur : cannes noires, cannes dorées, cannes jaunes striées de vert, feuilles bordées de blanc
De gauche à droite et de haut en bas : Gigantochloa atroviolacea (John Robert McPherson, CC BY-SA 4.0), Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’ (Daderot, CC0), Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’ (Rob Young, CC BY 2.0), Sasa veitchii (Sage Ross, CC BY-SA 3.0), via Wikimedia Commons. Montage diffusé sous licence CC BY-SA 4.0.

L'essentiel

D'où viennent les couleurs des bambous (couleur dans la canne, cire bleue ou blanche, gaines, feuillage), ce qui les intensifie (soleil, froid, âge des cannes) et ce qui les fait passer. Le tour des couleurs avec les variétés les plus faciles, les plus spectaculaires et les plus rustiques, et un mot sur les bambous noirs en fleur.

Un bambou, c’est vert. Sauf quand il est bleu, noir, rouge cerise, jaune d’or, poudré de blanc ou rayé comme un sucre d’orge.

Ces couleurs ont un point commun : elles se méritent. Certaines n’arrivent qu’au bout de deux ans. D’autres demandent du soleil, parfois du froid. Et plusieurs s’en vont avec l’âge de la canne.

Cette page fait le tour des couleurs et explique d’où elles viennent. Chaque couleur a ensuite son article détaillé, avec les variétés, la culture et un tableau comparatif.

D’où viennent les couleurs d’un bambou ?

Chez la plupart des bambous de couleur, ce qui est coloré, c’est la canne (les spécialistes disent le chaume). Mais la couleur ne s’y installe pas toujours de la même façon. En gros, il y a trois cas.

  • Une couleur dans la canne elle-même. Le noir, le rouge, le pourpre, le jaune. Elle fait partie de la paroi : elle ne part pas au doigt et tient des années, même si elle évolue avec l’âge.
  • Une cire posée dessus. C’est la pruine, la même poudre que sur une prune. Elle donne le bleu et le blanc. Elle ne se renouvelle pas : la pluie, le vent et les mains l’usent en une saison ou deux.
  • Une couleur ailleurs que sur la canne. Sur les gaines, ces enveloppes qui protègent la jeune pousse puis tombent : elles durent quelques semaines. Ou sur les feuilles, rayées de blanc ou de jaune : on parle alors de feuillage panaché.

La nuance compte au moment d’acheter. Une gaine rousse fait un joli printemps. Une canne jaune fait dix ans de jardin.

Ce qui intensifie la couleur, et ce qui la fait passer

  • La lumière. Presque tout s’intensifie au soleil : le noir vient plus vite, le jaune est plus franc, le rouge s’allume. À mi-ombre, un bambou noir reste brun. Exception : les bambous de montagne (Fargesia, bambous himalayens) brûlent au soleil d’après-midi. Pour eux, c’est soleil du matin.
  • Le froid. Certains ne rougissent qu’avec les premières gelées, et seulement s’ils sont au soleil. D’autres prennent des tons cuivrés en hiver.
  • L’âge des cannes. Le noir arrive la deuxième ou la troisième année. Les taches des bambous tigrés se multiplient d’année en année. À l’inverse, le bleu s’efface en un an ou deux, et certains jaunes tournent au caramel.
  • La vigueur. Une plante bien nourrie et bien arrosée sort chaque printemps de grosses cannes neuves, les plus colorées. Une couleur sur une canne fine, personne ne la voit.

Deux gestes simples aident partout : retirer les vieilles cannes ternes, et dégager le bas des cannes de leurs petits rameaux. La couleur se voit d’un coup.

Le tour des couleurs

Les bleus

Le bleu des bambous vient d’une cire, pas d’un pigment. Il est donc fragile et passager : il tient aux jeunes cannes, et on ne le touche pas. Le plus intense des rustiques est le Borinda papyrifera. Le plus spectaculaire, le bambou bleu de l’Himalaya, craint le gel. Le plus facile, le Fargesia nitida, est surtout bleuté. Tout est dans le guide des bambous bleus, et dans l’outil : les bambous bleus.

Les noirs

Le classique, c’est le Phyllostachys nigra : des cannes vertes qui noircissent en un à trois ans, plus vite au soleil. Sa forme ‘Boryana’, le bambou tigré, se couvre de taches. Et pour un presque noir qui reste en touffe, le Fargesia ‘Black Pearl’. Le détail est dans l’article sur les bambous noirs ; dans l’outil : les bambous noirs.

Les rouges et pourpres

Ici, les bambous en touffe sont chez eux. Le Fargesia ‘Jiuzhaigou Genf’ passe au rouge cerise au printemps et à l’automne. Le Semiarundinaria fastuosa, une haute colonne vert foncé, prend un ton bordeaux avec les premiers froids. Le ‘Damarapa’ mélange rouge, rose et jaune, mais il est frileux. Suite dans l’article sur les bambous rouges ; dans l’outil : les bambous rouges.

Les jaunes et dorés

Le jaune est la couleur la plus fiable : il tient des années. Presque tous sont des Phyllostachys traçants. Le Phyllostachys aureosulcata ‘Aureocaulis’ est jaune citron et très rustique. Le Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’ est un géant doré. Le ‘Holochrysa’ tourne au caramel en vieillissant. Le détail est dans l’article sur les bambous dorés ; dans l’outil : les bambous jaunes.

Les blancs

Pas de canne blanche à proprement parler, mais du blanc à plusieurs endroits. Une poudre épaisse sur les jeunes cannes du Bambusa chungii, un bambou de climat doux. Un anneau poudré sous chaque nœud du Phyllostachys nuda. Ou des feuilles rayées de blanc crème, comme chez le petit Pleioblastus variegatus. Le tour complet est dans l’article sur les bambous blancs ; dans l’outil : les bambous blancs et les feuillages panachés.

Les rayés

Deux familles : les cannes jaunes rayées de vert, et l’inverse. La rayure suit souvent la gouttière, ce sillon qui court d’un nœud à l’autre. Le Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’ est le plus rustique. Le Phyllostachys vivax ‘Huangwenzhu’ fait de grosses cannes vertes à bande jaune. Le ‘Alphonse Karr’ reste en touffe, mais craint le froid. Suite dans l’article sur les bambous rayés ; dans l’outil : les bambous rayés.

Et les verts ?

Vert, oui, mais lequel ? Il y a un monde entre un vert clair, presque pomme, qui éclaire un coin d’ombre, et un vert bouteille lustré qui fait un fond sombre.

Côté vert clair : le Fargesia murielae, en touffe et très rustique, ou le Phyllostachys edulis, le moso, au vert grisé. Côté vert foncé : le Phyllostachys bissetii, très employé en haie, ou le Pseudosasa japonica, aux grandes feuilles sombres. Pour une haie de bambous, c’est souvent la question qu’on oublie de se poser. Dans l’outil : les verts clairs et les verts foncés.

Le récapitulatif, couleur par couleur

« Spectaculaire », c’est mon avis, pas une mesure. Les températures sont celles que supporte la plante en pleine terre, selon les sources les plus prudentes.

CouleurLes plus facilesLes plus spectaculairesLes plus rustiques
BleuFargesia nitidaBorinda papyrifera, Himalayacalamus hookerianus (frileux)Fargesia nitida (-20 °C)
NoirFargesia ‘Black Pearl’Phyllostachys nigra (en fleur en ce moment)Fargesia ‘Black Pearl’ (-23 °C annoncé)
RougeFargesia ‘Jiuzhaigou’‘Damarapa’ (frileux), ‘Jiuzhaigou Genf’Fargesia ‘Jiuzhaigou’ (-20 °C)
JaunePh. aureosulcata ‘Aureocaulis’Ph. vivax ‘Aureocaulis’Ph. aureosulcata ‘Aureocaulis’ (-20 °C)
BlancPleioblastus variegatus (feuillage)Bambusa chungii (frileux)Phyllostachys nuda (-23 °C)
RayéPh. aureosulcata ‘Spectabilis’Ph. vivax ‘Huangwenzhu Inversa’Ph. aureosulcata ‘Spectabilis’ (-20 °C)
Vert clairFargesia murielaePhyllostachys edulis (moso)Fargesia murielae (-25 °C)
Vert foncéPhyllostachys bissetiiSemiarundinaria fastuosaPseudosasa japonica (-25 °C)

Un mot sur les bambous noirs en fleur

Si vous cherchez un bambou noir, vous l’avez peut-être remarqué : il se fait rare. Depuis 2022 environ, les Phyllostachys nigra fleurissent tous en même temps, partout. Et un bambou en fleur s’épuise, souvent jusqu’à mourir.

Ce n’est pas une raison pour renoncer. C’est une raison pour regarder la plante de près avant de l’acheter. Pourquoi ça arrive, comment repérer une plante en fleur et quoi planter à la place : tout est dans l’article sur les bambous noirs.

Avant d’acheter : traçant ou pas ?

Beaucoup de bambous de couleur sont des Phyllostachys, donc des traçants : leurs rhizomes filent sous terre. Une barrière anti-rhizomes ou un grand bac, ce n’est pas une option, c’est le prix d’entrée. Si le mot ne vous dit rien, commencez par bambou traçant ou cespiteux.

Bonne nouvelle : il existe des bambous en touffe dans presque toutes les couleurs. Les Fargesia pour le rouge et le presque noir, les Borinda pour le bleu. L’outil Trouver son bambou croise la couleur avec cette question, le froid chez vous et la place disponible.

Questions fréquentes

Pourquoi mon bambou de couleur est-il resté vert ?

Trois causes possibles. Il est jeune : le noir, par exemple, demande un à trois ans. Il manque de lumière : à l’ombre, beaucoup restent verts ou bruns. Ou ce sont des cannes revenues à la couleur d’origine, fréquentes sur les jaunes et les rayés : coupez-les au ras du sol.

Quelle couleur dure le plus longtemps ?

Le jaune et le noir, parce qu’ils sont dans la canne elle-même. Le rouge varie avec les saisons. Le bleu et le blanc poudré sont une cire qui s’use en un an ou deux. Les gaines colorées, elles, tombent au bout de quelques semaines.

Existe-t-il des bambous de couleur qui ne tracent pas ?

Oui. En rouge, les Fargesia ‘Jiuzhaigou’. En presque noir, les Fargesia ‘Black Pearl’, ‘Black Cherry’ et ‘Gerry’. En bleu, presque tous. En jaune rayé, le Bambusa ‘Alphonse Karr’, mais il craint le froid.

Le vert, c’est très bien. Mais quitte à planter un bambou, autant qu’on le remarque.

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