Bambous

Les bambous bleus : le guide complet (variétés, rusticité, comment garder le bleu)

Par 14 min de lecture

Touffe de bambou aux jeunes cannes bleu-gris couvertes d'une cire poudrée, avec un anneau blanc sous chaque nœud et un feuillage vert étroit (image d'illustration générée)

L'essentiel

Le bleu d'un bambou vient d'une cire fragile posée sur les jeunes cannes : il s'efface au toucher et en un an environ. Ce guide compare 22 bambous bleus (intensité, rusticité, hauteur, type), explique comment garder le bleu, hiverner les frileux et éviter les faux noms et les fausses graines.

Un bambou bleu, ça existe. Pas « bleuté sur la photo du catalogue » : bleu, vraiment, avec des cannes qui ont l’air d’avoir été passées à la craie.

Mais ce bleu a un caractère bien à lui. Il est fragile, il s’en va avec le temps, et il ne se trouve pas toujours là où l’étiquette le promet. Avant d’en acheter un, mieux vaut savoir ce qu’on achète.

Ce guide fait le tour de la question : d’où vient le bleu, comment le garder, quels bambous sont vraiment bleus, lesquels craignent le froid, et quels faux noms éviter.

D’où vient le bleu d’un bambou ?

Pas d’un pigment. Sous le bleu, la canne est verte.

Le bleu vient d’une fine couche de cire déposée sur les jeunes cannes (les chaumes), parfois aussi sur les gaines et les feuilles. On l’appelle la pruine. C’est exactement la même chose que le voile mat sur une prune ou un grain de raisin, ou que le bleu des épicéas « bleus ».

Cette cire forme une multitude de minuscules cristaux. Ils renvoient surtout la lumière bleue. Posés sur le vert de la canne, ils donnent cet aspect bleu-gris, bleu-blanc ou presque argenté. Les botanistes parlent de couleur « structurelle » : c’est la forme de la surface qui fait la couleur, pas un colorant.

À quoi sert cette cire ?

Chez les plantes en général, ces cires ont trois rôles connus : limiter les pertes d’eau, renvoyer l’excès de soleil et d’UV, et rendre la surface imperméable (l’eau perle, les poussières et les spores accrochent moins).

Pour les bambous, on suppose qu’elle protège surtout la jeune canne de l’humidité, et peut-être des moisissures. C’est plausible. Mais personne, à ma connaissance, ne l’a étudié précisément sur les bambous. Je le range donc dans les hypothèses.

Fragile au toucher

C’est le point à retenir. La pruine part au doigt. Passez la main sur une canne bleue : vous laisserez une trace verte bien nette, qui ne repartira pas.

Un bambou bleu se regarde. Il ne se caresse pas. (Prévenez les enfants. Et les invités. Et vous-même.)

Pourquoi le bleu s’en va, et comment le garder

La cire ne se renouvelle pas. Une fois la canne formée, elle a reçu son stock pour la vie.

Ensuite, tout l’use : la pluie, le vent, les feuilles et les rameaux qui frottent, les mains qui passent. La canne reverdit, souvent vers un vert olive, puis jaunit, rougit ou prend des teintes pourpres selon l’espèce et la lumière.

Combien de temps ça tient ? En général une saison, parfois un an. Sur un Borinda papyrifera adulte, une pépinière anglaise parle d’un à deux ans. Sur le bambou bleu de l’Himalaya, la cire tient longtemps quand la plante est bien abritée.

Autrement dit : le bleu, ce sont les jeunes cannes. Une touffe reste bleue si elle pousse bien et sort chaque année beaucoup de cannes neuves. Une plante affamée, ou serrée dans un pot trop petit, perd vite tout son intérêt.

Cinq règles pour garder le bleu

  1. Ne pas toucher. Plantez-le hors des passages, pas contre un banc ni au bord d’une allée étroite.
  2. L’abriter du vent. Le vent fait frotter le feuillage contre les cannes. Il dessèche aussi les feuilles des espèces de montagne.
  3. Doser la lumière. Les bambous bleus de montagne aiment le soleil du matin et l’ombre l’après-midi, surtout dans le Sud. En plein soleil, certains virent au rouge ou au pourpre : c’est joli, mais ce n’est plus du bleu.
  4. Nettoyer sans frotter. Coupez au ras du sol les vieilles cannes défraîchies : les jeunes ressortent mieux. Ne lavez jamais les cannes, ne les lustrez pas.
  5. Nourrir et arroser. Un apport d’engrais riche en azote au printemps, de la matière organique à l’automne, et de l’eau en été : c’est ce qui donne des cannes neuves nombreuses et épaisses. Le détail est dans l’article sur l’entretien et la taille du bambou.

« Mon bambou bleu est vert ! »

Pas de panique. Chez les Borinda, les jeunes pousses sortent beiges ou vert pomme, enveloppées dans leurs gaines. Le bleu n’apparaît qu’une fois les gaines tombées.

Et une jeune plante en pot fait des cannes fines. Les belles cannes bleues et épaisses arrivent après quelques années d’installation. Il faut juger un bambou bleu sur la durée, pas au retour de la jardinerie.

Vrai bleu ou simple reflet ?

Tous les bambous vendus comme « bleus » ne se valent pas. En gros, il y a trois cas.

Le Fargesia nitida mérite une remarque. On l’appelle souvent « bambou bleu » ou ‘Blue Fountain’, et c’était l’un de mes deux bambous préférés quand j’étais plus jeune. Honnêtement, son bleu est discret : un bleu-gris sous le feuillage, vite dominé par le pourpre sombre des cannes au soleil. Je l’aime toujours. Mais je ne le vendrais pas comme un bambou bleu.

La bonne nouvelle : presque tous restent en touffe

Sur les 22 bambous bleus de nos fiches, 19 sont cespiteux. Cespiteux, ça veut dire non traçant pour ceux qui veulent se la jouer. Leurs rhizomes sont courts : la touffe s’élargit lentement par le bord, sans lancer de cannes à trois mètres dans la pelouse du voisin.
Si la différence ne vous parle pas, elle est expliquée dans bambou traçant ou cespiteux.

C’est logique : la plupart des bambous bleus viennent des montagnes de l’Himalaya et de Chine, où les genres en touffe dominent.

Trois exceptions à connaître :

  • les deux Yushania (maculata et boliana) : leurs rhizomes ont un « cou » assez long, et la touffe finit par s’étaler. Prévoyez de la place, ou une barrière ;
  • le Phyllostachys glauca : c’est un vrai traçant. Sans barrière anti-rhizomes, il n’a rien à faire dans un petit jardin.

Le tableau : tous les bambous bleus

Ils sont classés du plus bleu au plus discret. Les étoiles notent l’intensité et la durée du bleu, de ★ (reflet fugace) à ★★★★★ (bleu-blanc franc). Cette note est une appréciation construite à partir des descriptions des spécialistes, pas une mesure.

La rusticité indiquée est volontairement prudente : c’est la valeur la moins froide citée par une source sérieuse, en pleine terre. Les fourchettes complètes sont sur chaque fiche.

BambouBleuRusticité (prudente)HauteurTypeOù le trouver
Borinda papyrifera (souvent vendu « Fargesia papyrifera »)★★★★★-10 °C4 à 8 mcespiteuxpépinière spécialisée
Himalayacalamus hookerianus (bambou bleu de l’Himalaya)★★★★★-5 °C3 à 6 mcespiteuxrare (en floraison)
Bambusa chungii (bambou bleu tropical)★★★★★-4 °C6 à 12 mcespiteuxrare
Borinda KR 5287★★★★-15 °C3 à 8 mcespiteuxrare
Borinda frigidis★★★★-15 °C2 à 3 mcespiteuxrare
Thamnocalamus crassinodus ‘Merlyn’★★★★-12 °C4 à 6 mcespiteuxrare
Borinda albocerea★★★★-8 °C2 à 6 mcespiteuxrare
Himalayacalamus porcatus★★★★-5 °C2 à 6 mcespiteuxrare
Borinda lushuiensis★★★★-4 °C5 à 12 mcespiteuxrare
Otatea glauca (‘Mayan Silver’)★★★★-2 °C4,5 à 6 mcespiteuxintrouvable en Europe
Yushania maculata★★★-16 °C2 à 4 mpeu traçantpépinière spécialisée
Chusquea andina ‘Blue Andes’ (bleu par le feuillage)★★★-15 °C1 à 2 mcespiteuxrare
Yushania boliana★★★-12 °C4 à 8 mpeu traçantpépinière spécialisée
Borinda contracta★★★-10 °C3 à 5 mcespiteuxrare
Thamnocalamus crassinodus ‘Kew Beauty’★★★-5 °C4 à 6 mcespiteuxpépinière spécialisée
Fargesia nitida (bambou fontaine)★★-20 °C2 à 3 mcespiteuxcourant
Fargesia denudata★★-20 °C2 à 4 mcespiteuxpépinière spécialisée
Phyllostachys glauca★★-18 °C6 à 8 mtraçantpépinière spécialisée
Borinda macclureana★★-15 °C3 à 7 mcespiteuxpépinière spécialisée
Borinda nujiangensis★★-8 °C3 à 6 mcespiteuxrare
Drepanostachyum khasianum★★0 °C3 à 6 mcespiteuxrare
Fargesia ‘Jiuzhaigou’★-20 °C2 à 3 mcespiteuxcourant

Un constat saute aux yeux : plus c’est bleu, plus c’est frileux, et plus c’est rare. Les bambous faciles et rustiques sont les moins bleus. C’est tout le sel de la collection.

Pour croiser ces critères avec votre jardin (froid, exposition, place), l’outil fait le tri pour vous : trouver son bambou bleu.

Les grandes familles de bambous bleus

Les Borinda : les plus bleus des rustiques

Ils viennent des montagnes du sud-ouest de la Chine, du Tibet et de l’Himalaya. Dans le commerce, on les trouve encore souvent sous le nom de Fargesia, leur ancien classement.

Le chef de file, c’est le Borinda papyrifera. Le bleu-blanc le plus intense qu’on puisse cultiver dehors dans une bonne partie de la France, sur des cannes de 4 à 8 m. Son point faible : il existe en plusieurs clones, et leur résistance au froid n’a rien à voir. Le clone le plus répandu perd son feuillage vers -8 °C selon le spécialiste britannique Chris Stapleton. D’autres introductions numérotées sont annoncées entre -15 et -20 °C par les pépinières qui les vendent.

Le Borinda frigidis est le meilleur compromis entre bleu et rusticité, toujours selon Stapleton. Plus petit (2 à 3 m), bleu-gris dense la première année. Il perd une bonne partie de ses feuilles l’hiver : c’est une adaptation au froid, pas une maladie. Elles repartent au printemps.

Le Borinda KR 5287 a été élu bambou de l’année 2019 par la société allemande des amateurs de bambou. Son espèce n’est pas encore identifiée avec certitude. Bleu-blanc la première saison, souche résistante, feuillage qui tombe par grand froid puis repousse.

Viennent ensuite des bleus plus confidentiels : le Borinda albocerea (« cire blanche », dont l’identité exacte reste discutée), le contracta, le macclureana au bleu léger, le nujiangensis dont la cire part vite, et le lushuiensis, très bleu mais le moins rustique de tous.

Les Himalayacalamus : le bleu de l’Himalaya

Le bambou bleu de l’Himalaya est sans doute le plus beau de tous. Des cannes bleu-vert cerclées de rouge pourpre aux nœuds, qui peuvent virer au lilas après un petit froid. Mais il est frileux, il n’aime ni la chaleur humide ni le plein soleil, et il est en pleine floraison (voir plus bas). Un bambou pour le littoral doux ou la véranda.

Son cousin, le Himalayacalamus porcatus, porte au Népal un nom qui veut dire « petit bambou blanc ». Ses cannes sont gris-blanc à bleu clair, sans rouge. Il reste compact et se prête bien à la culture en bac. Même frilosité que le précédent.

Les Fargesia : rustiques, mais à peine bleus

Le Fargesia nitida supporte -20 °C sans broncher. Son bleu est discret, et se voit surtout à l’ombre, sous le feuillage. Le Fargesia denudata sort des cannes d’abord poudrées de blanc, sur un port très retombant.

Les Fargesia ‘Jiuzhaigou’ sont avant tout des bambous rouges. Leurs jeunes pousses sont bleu-vert pastel quelques semaines au printemps, puis les cannes virent au rouge cerise au soleil du matin. Un bleu de passage, sur une plante facile.

Les Thamnocalamus : bleu, puis rouge

Le Thamnocalamus crassinodus ‘Kew Beauty’ a reçu la distinction de mérite de la Société royale d’horticulture britannique (RHS). Cannes bleu-gris qui virent au brun-rouge, nœuds renflés, petites feuilles. Sa rusticité est la plus disputée de toute la liste : la RHS le réserve aux régions douces, des pépinières françaises et anglaises disent qu’il a supporté -15 °C.

Le ‘Merlyn’ est plus droit, plus rapide à s’installer, et nettement plus bleu. Il demande de l’ombre l’après-midi.

Attention : les deux sont en floraison. ‘Kew Beauty’ fleurit chez de nombreux amateurs en Irlande et en Grande-Bretagne depuis 2024, et ‘Merlyn’ a été retiré de la vente pour la même raison. Pendant quelques années, achetez-les seulement si vous voyez la plante, sans épillets et avec un feuillage bien fourni. Le point complet est dans notre article sur la floraison des bambous.

Les Yushania et le Phyllostachys glauca : les bleus qui bougent

Le Yushania maculata est solide (environ -16 °C), facile, avec de jeunes cannes bleu clair pendant une saison. Le Yushania boliana sort des pousses bleu pâle qui virent au bordeaux au soleil. Les deux s’étalent avec le temps.

Le Phyllostachys glauca doit son nom à la poudre bleu-blanc qui couvre ses jeunes cannes. Elle disparaît vite, et la canne devient vert-jaune. Il est rustique et tolère le vent, la sécheresse et le calcaire. Mais c’est un traçant, et plus un « glauque » qu’un bleu.

Les tropicaux et les curiosités

Le Bambusa chungii est le bambou bleu des pays chauds. Une poudre blanche épaisse, des cannes bleu pâle presque blanches qui passent lentement au bleu-vert puis au vert émeraude. Les sources le donnent entre -4 et -8 °C : en France, c’est la Côte d’Azur sans gel fort, ou la serre.

L’Otatea glauca, venu du Mexique, a des cannes « bleu argent ». Sa vraie rusticité n’est pas connue, et je ne l’ai pas trouvé en vente en Europe.

Deux originaux pour finir. Le Chusquea andina ‘Blue Andes’, des Andes, est le seul de la liste dont le bleu vient des feuilles, courtes et dures. Et le Drepanostachyum khasianum a des pousses bordeaux à reflet bleuté, avant de virer à l’orangé. Une seule source décrit ce bleu : à confirmer.

Les frileux : comment leur faire passer l’hiver

Premier réflexe : distinguer le feuillage et la souche. Beaucoup de bambous bleus de montagne perdent leurs feuilles bien avant que la souche ne souffre. L’écart peut atteindre 5 à 10 °C. Un Borinda déplumé en février repart en général au printemps.

Le pire ennemi, c’est le froid avec du vent. Un cultivateur britannique a vu le feuillage abrité derrière une simple clôture rester intact, quand la partie exposée grillait.

  • Plantez à l’abri : contre un mur exposé au sud ou à l’est, à l’écart des vents dominants.
  • Paillez épais sur la souche avant les premières gelées.
  • Voile d’hivernage les nuits de grand froid, surtout les premières années.
  • Patientez avec les jeunes : une jeune plante est bien plus fragile qu’une touffe installée. Une pépinière anglaise raconte qu’un jeune papyrifera a failli mourir un hiver, et que le même, devenu adulte, n’a pas perdu une feuille lors d’une vague de froid huit ans plus tard.

Pour les vrais frileux (bambou bleu de l’Himalaya, porcatus, Bambusa chungii), deux options : le littoral doux (Bretagne sud, Pays basque, Côte d’Azur) ou le pot rentré l’hiver sous une véranda non chauffée, une serre froide, une orangerie.

Attention, le pot a un revers : la motte gèle plus vite qu’en pleine terre. Toutes les températures de ce guide valent pour des plantes en terre. En pot dehors, retirez quelques degrés de marge, et protégez le contenant. Tout est détaillé dans l’article sur le bambou en pot, et les plus solides sont réunis dans les bambous résistants au froid.

Floraisons : deux histoires à connaître

Beaucoup de bambous fleurissent rarement, et en même temps partout dans le monde. Après, la plante est épuisée. Pour l’acheteur, c’est un risque concret.

Le Fargesia nitida (1993-2010)

Le Fargesia nitida a fleuri en culture de 1993 à 2010. Les pieds-mères des variétés historiques sont morts. Les graines récoltées au début des années 2000 ont donné une « nouvelle génération » de plantes, qui ne devraient pas refleurir avant très longtemps.

Bonne nouvelle pour l’acheteur, donc. Mais une conséquence pratique : un nom comme ‘Nymphenburg’ ou ‘Ems River’ désigne aujourd’hui souvent un semis ou une nouvelle sélection, pas forcément la plante d’origine. Demandez.

Le bambou bleu de l’Himalaya (depuis 2022)

Le Himalayacalamus hookerianus fleurit en Europe depuis 2022. Une grande pépinière américaine l’a retiré de la vente pour cette raison. Une plante en fleur décline souvent. Avant d’en acheter un, regardez-le de près (on voit comment repérer une floraison dans le guide des bambous de couleur), et demandez au vendeur d’où vient la plante.

Le Borinda papyrifera, lui, n’a aucune floraison connue en culture. Retenez ce détail : il va servir tout de suite.

Pièges et faux noms

Le bambou bleu est recherché. Forcément, il attire les étiquettes optimistes.

  • Les graines de « Fargesia papyrifera ». Pas de floraison, pas de graines. Selon Stapleton, ce qui est vendu sous ce nom depuis 2011 est une autre espèce, Tongpeia arachnoides, à gaines tachetées comme une peau de léopard et à longs poils en toile d’araignée. Peu bleue, et nettement moins rustique qu’annoncé. Même chose pour les graines de « Fargesia albocerea ».
  • ‘Blue Dragon’. C’est une marque, pas une variété : des plants de Borinda papyrifera multipliés en laboratoire. Les spécialistes ne s’accordent même pas sur le clone de départ. Plusieurs les trouvent moins vigoureux et moins rustiques que des plantes divisées à la main.
  • ‘Asian Wonder’. Ce n’est pas un Borinda mais un Fargesia (F. scabrida). Ses pousses ont un bleu fugace, puis la canne devient vert olive.
  • ‘Blue Lizard’. Un Fargesia murielae au feuillage un peu bleuté. Le bleu des cannes n’est affirmé que par des fiches commerciales.
  • ‘Blue Fountain’. Le Fargesia nitida, aux cannes surtout pourpres.
  • Les noms latins trompeurs. Phyllostachys viridiglaucescens sonne bleu, mais « glaucescens » vise le revers des feuilles : ses cannes sont vertes. Et le bambou noir ‘Henonis’ est parfois vendu comme « bleu » alors qu’il est franchement vert-gris.

Achetez un clone, pas un nom

Chez les Borinda et les Thamnocalamus, la plante change d’une introduction à l’autre : taille, bleu, et surtout résistance au froid. « Papyrifera », sur une étiquette, peut aller d’une plante qui grille à -8 °C à une autre qui encaisse -20 °C.

Les bonnes pépinières indiquent le numéro de récolte : « CS 1046 », « KR 7613 », « Yunnan 95-2 »… Demandez-le. Et préférez une plante divisée à un plant de laboratoire.

Méfiez-vous aussi des passagers clandestins

Les Borinda bleus attirent les cochenilles, qui se cachent sous les gaines. Avant de mettre une nouvelle plante près des autres, gardez-la à part quelques semaines, retirez les gaines sèches au pied, et inspectez la base des feuilles.

Par où commencer ?

Vous débutez, ou l’hiver est rude chez vous

Commencez par un Fargesia : nitida ou ‘Jiuzhaigou’. Faciles, très rustiques, en touffe, faciles à trouver. Le bleu est discret, mais vous apprendrez à le voir. Si vous avez de la place, le Yushania maculata est plus bleu et presque aussi solide.

Vous avez un climat doux

Le Borinda papyrifera, à mi-ombre, à l’abri du vent, avec de la place (une dizaine de mètres carrés à terme, selon des amateurs). Sur la Côte d’Azur, le Bambusa chungii. En bac sur une terrasse abritée, le porcatus.

Vous êtes déjà mordu

Le Borinda frigidis, le KR 5287 et le Thamnocalamus ‘Merlyn’ : rares, très bleus, et plus rustiques que le papyrifera courant (le ‘Merlyn’ plus tard, une fois sa floraison passée). Puis les clones numérotés, un par un, en notant tout.

C’est d’ailleurs ce que je vais faire : je raconte ma propre collection de bambous bleus en pot, avec mes choix de départ.

Et pour savoir lesquels tiennent chez vous, l’outil filtre déjà les bleus : trouver son bambou (bleus seulement).

Questions fréquentes

Peut-on faire redevenir bleue une canne qui a verdi ?

Non. La cire ne se reforme pas sur une canne déjà formée. Le seul moyen d’avoir du bleu, c’est d’obtenir chaque année de nouvelles cannes : arrosage, engrais au printemps, et suppression des vieilles cannes ternes.

Les bambous bleus sont-ils envahissants ?

Presque jamais. Sur nos 22 fiches, 19 sont des bambous en touffe. Les exceptions sont les deux Yushania, qui s’étalent lentement, et le Phyllostachys glauca, un vrai traçant qui demande une barrière anti-rhizomes.

Peut-on cultiver un bambou bleu en pot ?

Oui pour les espèces compactes : Fargesia nitida, ‘Jiuzhaigou’, Himalayacalamus porcatus, entre autres. En pot, la motte gèle plus vite qu’en terre : prévoyez de la marge sur la rusticité et protégez le contenant. Le ‘Kew Beauty’, en revanche, a la réputation de mal vivre en pot.

Pourquoi mon bambou bleu tout neuf est-il vert ?

Parce qu’il est jeune. Les pousses sortent beiges ou vert pomme, et le bleu n’apparaît qu’après la chute des gaines. Les belles cannes bleues et épaisses viennent après quelques années d’installation. Vérifiez aussi que personne ne les touche.

Faut-il acheter des graines de bambou bleu ?

Non. Le Borinda papyrifera n’a pas de floraison connue en culture. Les graines vendues sous son nom sont, selon les spécialistes, celles d’une autre espèce, peu bleue et moins rustique. Achetez une plante, de préférence divisée, avec son numéro de clone.

Un bambou bleu, c’est une couleur qui se mérite. Et qui se renouvelle chaque printemps.

PS : la prochaine fois que vous croisez un bambou bleu, regardez les cannes à hauteur de main. Vous verrez les traces vertes. Ne rajoutez pas la vôtre.

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