L'essentiel
Fargesia nitida, le bambou bleu, forme une touffe non traçante de 2 à 3 m, rustique de -20 °C à -25 °C. Son bleu est discret, éclipsé par le pourpre, mais c'est le bambou bleuté le plus facile : mi-ombre fraîche, haie ou pot.
Proche cousin du Fargesia murielae, le Fargesia nitida a des feuilles plus petites et un port plus léger. Chargées de feuilles, ses tiges s’inclinent et retombent en fontaine. Il vient du nord-ouest de la Chine et a été introduit en Europe en 1889.
À quoi le reconnaître ?
- Chaumes fins, de 8 à 12 mm, recouverts jeunes d’une pruine qui leur donne un reflet bleuté à l’ombre, puis d’un pourpre sombre.
- Petites feuilles étroites, très nombreuses, sur un port pleureur.
- Hauteur : 2 à 3 m assez facilement.
Ce reflet bleu des jeunes cannes lui vaut son surnom de bambou bleu.
Pourquoi il est bleu (et combien de temps)
Le bleu vient d’une cire en fines écailles, la pruine, déposée sur les jeunes entre-nœuds. Mais chez le nitida, la couleur dominante reste le rouge à pourpre sombre, surtout sur les tiges exposées à la lumière. Le bleu-gris se voit surtout à l’ombre, sous le feuillage, et s’use en une saison. Note bleu : 2 sur 5, un bleu discret, éclipsé par le pourpre.
Certaines sélections sont plus bleutées (‘Ems River’, ‘Great Wall’, ‘Gansu’), d’autres tirent vers le pourpre, comme ‘Nymphenburg’. Et pour tous : ne touchez pas les jeunes chaumes, la pruine s’efface au doigt.
Où le planter ?
Une situation fraîche est impérative. Il s’adapte très bien à la mi-ombre, et c’est même là qu’il est le plus beau. Au soleil brûlant ou dans un sol qui sèche, ses feuilles s’enroulent et il fait grise mine. Côté froid, il est aussi solide que le murielae : -20 °C à -25 °C selon les pépinières européennes, jusqu’à -29 °C selon une pépinière américaine. C’est le plus rustique des bambous bleutés.
Sa croissance est rapide : avec le Phyllostachys aurea, c’est l’un des bambous qui s’installent le plus vite au jardin.
Pour une haie, alignez les touffes à intervalles réguliers. Plantez au printemps ou au début de l’automne, dans une terre enrichie de compost, et paillez largement : le paillis garde la fraîcheur dont il a tant besoin. Les deux premiers étés, arrosez dès que la terre sèche, c’est ce qui fait la différence entre une haie qui démarre et une haie qui végète.
Traçant ou pas : faut-il une barrière ?
Non. Comme tous les Fargesia, il est cespiteux : il reste en touffe serrée et ne part pas en rhizomes à travers le jardin. Pas de barrière à prévoir, c’est tout l’intérêt.
Culture et entretien
Sa végétation dense et son port retombant en font un très bon bambou de haie. Pour garder la touffe légère, coupez régulièrement quelques chaumes au centre et supprimez les plus âgés. Ne les jetez pas : bien séchés dans un endroit aéré, ils font d’excellents tuteurs pour les vivaces.
Une floraison qui a tout changé
Entre 1993 et 2010, le Fargesia nitida a fleuri en masse dans les jardins. Les anciens clones en sont morts. Les plantes vendues aujourd’hui sont issues des graines récoltées vers 2002-2005 : une « nouvelle génération » qui ne devrait pas refleurir avant très longtemps.
Revers de la médaille : les noms des anciens clones (‘Nymphenburg’, ‘Eisenach’…) désignent souvent aujourd’hui des semis. Si la couleur compte, demandez l’origine de la plante.
Le bambou bleu le plus facile ?
Pour la rusticité et la facilité, oui : aucun autre bambou bleuté ne supporte un tel froid avec aussi peu de soins. Pour le bleu, en revanche, il est loin derrière les bleus himalayens ou Thamnocalamus ‘Merlyn’, bien plus capricieux. C’est le bon choix pour commencer, ou pour les régions froides. Pour comparer, voyez la page bambous bleus et notre outil pour trouver son bambou.
En pot ?
Oui, il s’y plaît, à condition de ne jamais laisser sécher la motte. En isolé sur une pelouse ou en grand bac sur une terrasse ombragée, il fait une belle fontaine de verdure.

