Planter un bambou : quand, où et comment

L'essentiel
Un bambou se plante de préférence au printemps, en automne dans les régions douces. Choisir un sujet sain, préparer environ 1 m² de terre enrichie, planter le collet au ras du sol, arroser copieusement puis chaque semaine, et laisser trois ou quatre ans à la plante pour s'installer.
Un bambou se plante en une heure. Il s’installe en trois ou quatre ans. Et pendant tout ce temps, c’est la qualité de cette première heure qui va compter.
Bonne nouvelle : il n’y a rien de compliqué. Un bon sujet, la bonne saison, un trou bien préparé, beaucoup d’eau. Et un peu de patience.
Bien choisir son bambou au magasin
On trouve des bambous partout : chez les pépiniéristes spécialisés, en jardinerie, et même en grande surface de bricolage. Le prix dépend surtout de l’espèce et de la taille du sujet. Un grand bambou de plus de 3 m peut coûter plusieurs fois le prix d’un plant de 80 cm de la même variété.
Avant de passer en caisse, prenez deux minutes pour inspecter la plante :
- le feuillage doit être vert et sain, sans feuilles sèches en quantité ;
- les feuilles doivent être bien ouvertes. Des feuilles roulées sur elles-mêmes, c’est un bambou qui a soif (et qui a peut-être eu soif plusieurs fois) ;
- le pot ne doit pas être déformé. Un pot gonflé ou fendu par les rhizomes trahit une plante restée trop longtemps dans son conteneur. Elle reprendra moins bien.
Et surtout, sachez ce que vous achetez : traçant ou cespiteux, hauteur adulte, résistance au froid. Un bambou qui gèle chaque hiver dans votre région ne fera jamais une belle touffe. L’outil Trouver son bambou vous évite les mauvaises surprises.
Quand planter un bambou ?
- Au printemps : c’est la meilleure saison presque partout, et la seule vraiment sûre dans les régions aux hivers froids. Le bambou a toute la belle saison pour s’enraciner avant son premier hiver.
- En automne : possible en Bretagne et au sud de la Loire, là où les hivers sont doux. La terre est encore chaude, les pluies reviennent.
- En été : faisable avec un bambou en pot, à une condition : pouvoir arroser régulièrement, sans vacances au milieu.
Où le planter ?
La plupart des bambous aiment le soleil. Les Phyllostachys, comme le Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’, ont besoin de lumière pour bien colorer leurs cannes. Quelques-uns préfèrent la mi-ombre et la fraîcheur, comme le Fargesia nitida ou le Pleioblastus auricoma, dont le feuillage jaune grille au soleil brûlant.
Côté sol, le bambou aime une terre riche, légère, qui reste fraîche en été mais ne baigne pas dans l’eau en hiver. Une bonne terre de jardin fait très bien l’affaire. Une argile lourde et détrempée, en revanche, peut freiner sa croissance pendant des années.
Évitez enfin les couloirs de vent glacial : c’est le vent froid, plus que le gel lui-même, qui abîme le feuillage en hiver.
Préparer le terrain
Ne vous contentez pas d’un trou à la taille du pot. Le bambou va étaler ses racines et ses rhizomes : préparez-lui environ 1 m², travaillé sur une cinquantaine de centimètres de profondeur. Retirez les pierres et les racines de chiendent au passage.
Mélangez ensuite à la terre de la matière organique bien décomposée : compost mûr ou fumier bien fait, à raison d’une brouette environ pour un mètre cube de terre. Le bambou est gourmand, il vous le rendra.
En terre lourde, on conseillait autrefois d’incorporer une bonne dose de sable de rivière. Aujourd’hui, on préfère miser d’abord sur la matière organique, qui aère durablement une argile, et sur un emplacement qui ne garde pas l’eau stagnante l’hiver. Un peu de sable seul dans une argile peut même la rendre plus compacte.
Si votre bambou est un traçant, c’est maintenant qu’il faut poser la barrière. Pas dans trois ans. Tout est expliqué dans l’article poser une barrière anti-rhizomes.
La plantation, pas à pas
- Faites boire la motte. Plongez le pot dans un seau d’eau jusqu’à ce qu’il ne remonte plus de bulles. Une motte sèche reste sèche une fois en terre.
- Dépotez. Si le pot résiste, coupez-le plutôt que de tirer sur les cannes.
- Décompactez la motte avec les doigts, et dégagez délicatement les rhizomes qui tournent en rond contre la paroi. Laissés ainsi, ils continueraient à tourner.
- Placez la motte dans le trou : le collet, là où naissent les cannes, doit arriver au niveau du sol. Ni plus haut, ni enterré.
- Rebouchez par couches avec la terre préparée, en tassant légèrement au pied au fur et à mesure.
- Formez une cuvette d’arrosage autour de la touffe.
- Arrosez copieusement, même s’il pleut : comptez deux arrosoirs pour un bambou de 2 à 3 m, plus pour un grand sujet. L’eau plaque la terre contre les racines.
Un grand bambou acheté déjà haut offre beaucoup de prise au vent avant d’être enraciné. Haubanez-le ou attachez-le à quelques tuteurs solides pendant ses premières années.
Après la plantation
L’arrosage est le seul vrai travail de la première année. Comptez un arrosoir par plante et par semaine pendant les premiers mois, davantage en période chaude. Des feuilles qui s’enroulent en été : c’est le signal d’alarme, arrosez sans attendre.
Le paillage garde la fraîcheur au pied, surtout en plein soleil. Paille, broyat, feuilles mortes : tout convient. Au bout de quelques années, le bambou fabrique son propre paillis avec ses feuilles tombées. Laissez-les au pied, c’est exactement ce qu’il lui faut.
La patience, enfin. Un bambou qui ne fait pas de nouvelles cannes pendant un ou deux ans, c’est normal : il travaille sous terre. S’il végète encore au bout de trois ou quatre ans, posez-vous des questions : sol trop lourd, trop humide l’hiver, exposition qui ne lui convient pas ?
Et si votre bambou semble mort après un hiver rude, ne l’arrachez pas tout de suite. Un feuillage sec ne veut pas dire une souche morte. Attendez la fin du printemps, voire le début de l’été : il repart très souvent du pied.
Pour la suite, les soins sont simples : voyez comment entretenir et tailler un bambou.
Quelques bambous faciles pour commencer
Pour un premier bambou, misez sur une variété réputée facile, et gardez les capricieux pour plus tard :
- Fargesia nitida : cespiteux, très rustique, pour un coin frais ;
- Semiarundinaria fastuosa : port droit et élancé, peu traçant ;
- Phyllostachys aurea : s’installe vite, mais trace (barrière obligatoire) ;
- Shibataea kumasaca : petit, dense, pour une bordure.
Questions fréquentes
Peut-on planter un bambou en hiver ?
Mieux vaut éviter. Hors gel, c’est techniquement possible dans les régions douces, mais un bambou planté en plein hiver n’a pas le temps de s’enraciner avant les grands froids. Attendez le printemps.
À quelle distance d’un mur ou d’une maison planter un bambou ?
Gardez au moins de quoi tourner autour de la touffe adulte, et davantage pour un traçant, toujours avec une barrière. Les rhizomes s’infiltrent volontiers sous une terrasse ou le long d’une fondation fissurée.
Faut-il mettre de l’engrais à la plantation ?
Un bon apport de compost ou de fumier bien décomposé mélangé à la terre suffit. Ensuite, un apport de matière organique chaque fin d’hiver, avant la sortie des nouvelles pousses, entretient la vigueur de la touffe.
PS : vous voulez plutôt le garder sur la terrasse ? Les règles sont un peu différentes, voyez le bambou en pot.
