Petits bambous et couvre-sol : des bambous pour petits jardins, bordures et talus

L'essentiel
Les petits bambous, du bambou fougère (30 à 50 cm) aux Pleioblastus et Sasa d'un mètre, font d'excellents couvre-sol pour bordures et talus. On les plante serré, deux à trois par mètre carré, et on les taille une fois par an. Mais la plupart sont traçants : près d'une limite ou d'une pelouse, il faut les contenir.
Quand on dit « bambou », tout le monde est hapé par ces images d’Épinal de forêts de cannes de dix mètres de haut. Pourtant, certains bambous ne dépassent pas le genou. Le plus petit tient sous 50 cm.
Ces petits bambous font des bordures persistantes, des tapis sur un talus, des touffes sages pour un jardin de ville. Une seule chose à savoir avant d’acheter : petit ne veut pas dire sage.
Petit bambou, mais quel caractère ?
Comme leurs grands cousins, les petits bambous se rangent en deux familles. Les traçants s’étendent par des rhizomes qui courent sous terre. Les cespiteux restent en touffe et s’élargissent lentement. Entre les deux, quelques-uns sont dits peu traçants.
- Pleioblastus et Sasa : traçants. C’est justement ce qui en fait de bons couvre-sols.
- Shibataea et Sasaella : peu traçants, ils avancent doucement.
- Fargesia : cespiteux, ils restent en touffe.
Toute la différence est expliquée dans bambou traçant ou cespiteux. Retenez qu’un couvre-sol qui ne trace pas, ça n’existe pas vraiment : on lui demande de couvrir, il couvre.
Les vrais couvre-sols (moins d’un mètre)
- Pleioblastus pygmaeus ‘Distichus’, le bambou fougère : 30 cm le plus souvent, 50 cm au mieux. Ses petites feuilles alignées sur deux rangs rappellent une fronde de fougère. Il lui faut du soleil : à l’ombre, il devient lâche et perd son charme.
- Pleioblastus variegatus : 60 à 80 cm, feuilles rayées de blanc crème, port compact. Il éclaire une bordure ou un talus. À l’ombre, la panachure s’estompe.
- Pleioblastus pumilus : 60 cm à 1 m, vert franc, très dense. Le plus vigoureux de la bande. Parfait pour tenir un talus, beaucoup moins à côté d’une pelouse.
- Sasa veitchii : 50 cm à 1 m, grandes feuilles vert sombre qui se bordent de blanc en hiver. Mi-ombre ou ombre, sol frais et profond. Il n’aime pas le pot.
Tous les quatre supportent -20 °C environ. Pour les régions froides, voyez aussi notre sélection de bambous résistants au froid.
Un cran au-dessus : 1 à 1,50 m pour bordures et massifs bas
- Pleioblastus auricoma : feuillage jaune d’or strié de vert, qui verdit en milieu d’été. Il éclaire un coin à mi-ombre. Dans le Sud et l’Est, le plein soleil d’été le brûle : gardez-le à l’abri.
- Shibataea kumasaca, le bambou ruscus : feuilles courtes et larges, touffes serrées, peu traçant. Il se taille en vagues comme une haie basse. Il aime l’air humide et un sol frais ; les étés secs ne lui valent rien.
- Sasaella masamuneana ‘Albostriata’ : larges feuilles striées de blanc crème, port compact, peu traçant. Plus panaché au soleil. Rustique vers -15 °C seulement.
- Chimonobambusa marmorea : 1 à 2 m, petites feuilles, pour l’ombre et les sols frais. Traçant, et ses jeunes pousses font le bonheur des limaces.
Pour un petit jardin : les touffes sages
Vous voulez un « vrai » bambou, avec des cannes, mais sans risque de le retrouver chez le voisin ? Tournez-vous vers les Fargesia. Ils ne sont pas nains, 2 à 3 m en général, mais leur emprise au sol reste modeste et ils ne tracent pas.
- Fargesia murielae : port arqué en parapluie, très rustique. Il préfère les régions fraîches.
- Fargesia nitida : port plus pleureur, jeunes chaumes bleutés. Il lui faut une situation fraîche, à mi-ombre.
- Fargesia nitida ‘Nymphenburg’ : feuilles plus fines encore, très léger. Beau à contre-jour et bon en pot.
Pour trier selon votre place, votre sol et votre exposition, l’outil Trouver son bambou fait le travail en quelques clics.
Planter un couvre-sol de bambous
Le principe est simple : beaucoup de petits plants, serrés, dans une terre bien préparée.
- Choisissez le printemps, de mars à mai : c’est la meilleure période pour planter un bambou.
- Désherbez à fond. Les vivaces indésirables laissées dans le sol seront impossibles à sortir une fois le tapis installé.
- Enrichissez la terre : mélangez-y environ un quart de matière organique (compost mûr, fumier bien décomposé).
- Plantez serré : deux à trois plants par mètre carré. Inutile d’acheter de gros sujets, ce sont le nombre et la densité qui font la couverture.
- Paillez entre les plants et arrosez la première année, surtout l’été.
- Patientez. La première année, le bambou tisse d’abord un tapis de racines, puis les tiges suivent. Ne taillez pas avant.
Pour la technique de plantation elle-même, voyez planter un bambou.
La taille annuelle : la « tonte » des couvre-sols
Un couvre-sol de bambou demande une taille par an. Pas plus.
- Quand ? En général entre la fin du printemps et le début de l’été, une fois les nouvelles pousses sorties. Certains, comme auricoma ou le Sasaella, se rabattent plutôt à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps, pour repartir sur un feuillage neuf.
- Avec quoi ? Une cisaille ou un taille-haie manuel, plus précis qu’un appareil électrique pour sculpter.
- À quelle hauteur ? Le bambou fougère, mené en prairie dans un coin difficile, se coupe une fois par an vers 15 à 20 cm.
- Pour le plaisir : vagues, moutonnements, et même cubes ou pavés sur les grands massifs. Ces bambous se laissent modeler.
Tous les quatre ou cinq ans, une vieille plantation gagne à être rabattue franchement. Elle repart avec des chaumes et un feuillage tout neufs. Le détail des gestes est dans entretenir et tailler un bambou.
Sur un talus : laissez-les faire
C’est là que les petits traçants donnent le meilleur d’eux-mêmes. Leurs racines denses et solides tiennent la terre comme un filet. Un talus ou une berge plantés de Pleioblastus résistent bien mieux au ravinement après les grosses pluies.
Et c’est un endroit où leur appétit d’espace devient une qualité. Si vous cherchez à remplacer un gazon pentu que personne n’a envie de tondre, jetez aussi un œil à nos alternatives à la pelouse.
Petits mais pas sages : contenir les traçants
Autant le dire tout de suite : beaucoup de bambous couvre-sol sont très envahissants, les Pleioblastus en tête. Ils mesurent 60 cm, mais leurs rhizomes n’ont pas lu la fiche technique.
- En limite de propriété, à côté d’une pelouse ou d’un massif, posez une barrière anti-rhizomes enterrée sur 60 à 70 cm, qui dépasse un peu du sol. Tout est détaillé dans barrière anti-rhizomes.
- Une bordure en dur, une allée bétonnée ou un mur de soutènement peuvent jouer le même rôle. Autrefois, on recyclait volontiers de vieilles bordures en béton enterrées ; aujourd’hui on préfère une bande de polyéthylène haute densité, continue et sans joint par où un rhizome se faufile.
- Faites le tour une fois par an, à la fin de l’été, et coupez à la bêche ce qui tente de passer.
- Ou cultivez-les en bac. La plupart de ces petits bambous vivent très bien en pot ou en jardinière (sauf le Sasa veitchii). Voyez bambou en pot.
Questions fréquentes
Quel est le plus petit bambou ?
Le Pleioblastus pygmaeus ‘Distichus’, ou bambou fougère. Il mesure le plus souvent 30 cm et dépasse rarement 50 cm. Il lui faut du soleil pour rester bien dense.
Un bambou couvre-sol peut-il remplacer une pelouse ?
Dans un coin difficile, oui : talus, dessous d’arbres clairs, zone où la tondeuse passe mal. Une coupe par an suffit. Mais ce n’est pas un gazon : on ne le piétine pas tous les jours et on n’y installe pas le but de foot des enfants.
Faut-il une barrière pour un petit bambou ?
Pour un Pleioblastus ou un Sasa planté près d’une limite, d’une pelouse ou d’un massif : oui. Pour un Shibataea ou un Sasaella, un contrôle des bords suffit souvent. Pour un Fargesia, non : il reste en touffe.
