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Bambous

Les bambous qui résistent au grand froid (jusqu’à -25 °C)

Par 6 min de lecture

Touffes de grands bambous restées vertes sous la neige, dans un parc enneigé
Photo : Huangdan2060, licence CC BY 3.0, Wikimedia Commons

L'essentiel

Beaucoup de bambous supportent -20 °C et quelques-uns -25 °C, comme le Fargesia murielae ou le Pseudosasa japonica. Ce chiffre concerne la souche d'une touffe installée : le feuillage peut griller bien avant, et les jeunes plants comme les bambous en pot sont plus fragiles. Un paillage épais au pied protège l'essentiel.

Un bambou, ça vient d’Asie, donc ça craint le froid. On l’entend souvent.
Mais, pour une bonne partie d’entre eux, c’est faux.

Beaucoup de bambous vendus en France encaissent -20 °C. Quelques-uns tiennent jusqu’à -25 °C. De quoi installer une haie ou un bosquet dans l’Est, en montagne ou sur un plateau venté, à condition de bien choisir et de comprendre ce que veut dire ce chiffre.

« Rustique jusqu’à -20 °C » : ça veut dire quoi, au juste ?

Le chiffre de rusticité parle de la souche : les rhizomes et la base des cannes. Pas des feuilles.

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  • Le feuillage grille souvent bien avant. Chez le bambou noir ou le bambou doré, les feuilles souffrent dès -10 °C environ, surtout s’il y a du vent. La plante, elle, s’en remet.
  • Le vent compte autant que le thermomètre. Un vent froid et sec dessèche les feuilles plus sûrement qu’une nuit de gel calme.
  • La durée aussi. Une nuit à -18 °C n’a rien à voir avec une semaine entière sous -15 °C.
  • Le chiffre vaut pour une touffe installée, en pleine terre, dans un sol drainé. Un jeune plant, un bambou en pot ou une souche dans une terre gorgée d’eau ont beaucoup moins de marge.

Retenez surtout ceci : un bambou aux feuilles sèches en février n’est pas forcément mort. Attendez la fin du printemps, voire le début de l’été, avant de l’arracher. Très souvent, il repart du pied.

Les tableaux ci-dessous reprennent nos bambous qui supportent -20 °C ou moins. Valeurs indicatives : chaque hiver a son caractère.

Les petits bambous rustiques (moins de 1,50 m)

BambouHauteurRusticitéType
Pleioblastus pygmaeus ‘Distichus’ (bambou fougère)30 à 50 cm-20 °Ctraçant
Pleioblastus variegatus60 à 80 cm-20 °Ctraçant
Pleioblastus pumilus60 cm à 1 m-20 °Ctraçant
Sasa veitchii50 cm à 1 m-22 °Ctraçant
Pleioblastus auricoma1 à 1,50 m-20 °Ctraçant
Shibataea kumasaca (bambou ruscus)1 à 1,50 m-20 °Cpeu traçant

Le plus solide du lot face au vent glacé, c’est le Sasa veitchii. En hiver, ses grandes feuilles se bordent de blanc : ce sont les marges qui sèchent, c’est normal et c’est même son charme.

Les Pleioblastus à feuillage coloré, comme auricoma, gardent leur souche mais peuvent avoir le feuillage marqué après un coup de vent froid. Le Shibataea aussi. Pas de panique : on les rabat à la fin de l’hiver et ils refont des feuilles neuves. Pour ces petits bambous, voyez aussi notre article sur les petits bambous et couvre-sol.

Les bambous moyens (2 à 5 m)

BambouHauteurRusticitéType
Fargesia murielae (bambou parapluie)2 à 3 m-25 °Ccespiteux
Fargesia nitida (bambou bleu)2 à 3 m-20 °Ccespiteux
Fargesia nitida ‘Nymphenburg’2 à 3 m-20 °Ccespiteux
Pseudosasa japonica (bambou flèche)3 à 5 m-25 °Cpeu traçant
Phyllostachys aureosulcata ‘Aureocaulis’3 à 4 m-25 °Ctraçant
Semiarundinaria yashadake ‘Kimmei’2 à 3 m-20 °Cpeu traçant
Phyllostachys humilis2 à 3 m-20 °Ctraçant
Pseudosasa japonica ‘Tsutsumiana’2 m environ-20 °Ctraçant
Sasa palmata ‘Nebulosa’2 m environ-20 °Ctraçant
Phyllostachys aurea (bambou doré)3 à 6 m-20 °Ctraçant

Si vous habitez une région aux hivers rudes, commencez par le Fargesia murielae. Il tient -25 °C, reste en touffe et ne demande donc aucune barrière. Seul reproche : il n’aime pas les étés brûlants du Sud.

Le Pseudosasa japonica est l’autre valeur sûre : ses grandes feuilles ne craignent pas le froid, ce qui est rare. Le ‘Kimmei’, lui, garde un feuillage net au vent froid, même en pot. À l’inverse, le Sasa palmata ‘Nebulosa’ a une faiblesse : la neige lourde couche ses tiges.

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Les grands bambous (plus de 5 m)

BambouHauteurRusticitéType
Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’4 à 6 m-25 °Ctraçant
Phyllostachys dulcis8 à 10 m-25 °Ctraçant
Phyllostachys flexuosa6 à 8 m-23 °Ctraçant
Phyllostachys bissetii5 à 7 m-20 °Ctraçant
Phyllostachys nigra (bambou noir)5 à 7 m-20 °Ctraçant
Semiarundinaria fastuosa (bambou chandelle)6 à 8 m-20 °Cpeu traçant
Phyllostachys bambusoides ‘Holochrysa’5 à 9 m-20 °Ctraçant
Phyllostachys bambusoides8 à 10 m-20 °Ctraçant
Phyllostachys viridis ‘Sulphurea’10 à 15 m-20 °Ctraçant
Phyllostachys edulis (moso)10 à 25 m-20 °Ctraçant

Dans cette catégorie, deux bambous sortent du lot pour les régions froides et ventées : le Phyllostachys bissetii, l’un des plus coriaces face aux vents glacés, et le Phyllostachys flexuosa, dont le feuillage tient au vent et même aux embruns.

Le bambou noir et le bambou doré sont plus fragiles qu’on ne le croit. La touffe passe -20 °C, mais le feuillage roussit vers -10 °C quand le vent s’en mêle. Plantez-les à l’abri d’un mur ou d’une haie.

Pour croiser la rusticité avec la place dont vous disposez, essayez l’outil Trouver son bambou. Et gardez en tête qu’un bambou rustique n’en est pas moins traçant : le froid ne calme pas les rhizomes. La différence est expliquée dans bambou traçant ou cespiteux.

Le point faible : les jeunes plants (et les pots)

La rusticité affichée, c’est celle d’un adulte bien enraciné. Un jeune plant n’a ni les réserves ni la profondeur de racines pour encaisser la même chose.

Un exemple parlant : le Phyllostachys nidularia adulte tient vers -18 °C, mais un jeune plant peut mourir dès -12 °C. Même chose, dans une moindre mesure, pour le moso. Comptez trois ou quatre hivers de vigilance.

  • Plantez au printemps dans les régions à hiver froid : le bambou a toute une saison pour s’enraciner avant son premier gel. Tout est expliqué dans planter un bambou.
  • En pot, les racines ne sont protégées que par quelques centimètres de paroi. Emmaillotez le pot (voile d’hivernage, toile de jute, papier bulle), rapprochez-le d’un mur et gardez le substrat légèrement humide. Autrefois, on conseillait la laine de verre ; un voile ou de la jute font aussi bien et sont plus agréables à manipuler. Plus de détails dans bambou en pot.

Protéger la souche : paillage, abri et neige

La souche est ce qu’il faut sauver ; le reste repousse.

  1. Avant les fortes gelées, étalez une couche épaisse de paillis au pied : feuilles mortes, paille, broyat. Une dizaine de centimètres, ce n’est pas trop.
  2. Laissez les feuilles du bambou sur place. Celles qui tombent forment un paillage naturel. Inutile de ratisser sous la touffe.
  3. Coupez le vent si vous le pouvez : un mur, une haie, une palissade côté nord ou est épargnent beaucoup de feuillage.
  4. Soignez le drainage. Froid plus eau stagnante, c’est le pire mélange pour une souche. En terre lourde, allégez le sol à la plantation.
  5. Gare à la neige. Elle plie et casse les cannes bien plus sûrement que le gel. Liez les cannes par petits paquets avant l’hiver, et secouez la touffe avec un balai après une grosse chute.
  6. Voile d’hivernage sur les jeunes plants pendant les vagues de froid. Retirez-le dès que ça se radoucit.

Et au printemps, s’il a l’air mort ?

Patience. Les feuilles grillées tombent et sont remplacées par de nouvelles. Les cannes vraiment mortes se reconnaissent à leur couleur terne et à leur bois sec : coupez-les au ras du sol quand la végétation est repartie.

Si rien ne bouge au début de l’été, la souche n’a pas tenu. C’est souvent le signe que la variété ne convenait pas à votre région. Repartez alors sur un bambou de la liste, avec de la marge sur vos pires hivers. Le bambou, lui, ne lit pas les étiquettes.

Questions fréquentes

Quel est le bambou le plus résistant au froid ?

Parmi nos fiches, ceux qui tiennent jusqu’à -25 °C sont le Fargesia murielae, le Pseudosasa japonica, les deux Phyllostachys aureosulcata (‘Aureocaulis’ et ‘Spectabilis’) et le Phyllostachys dulcis. Pour un jardin moyen, le Fargesia murielae a l’avantage de rester en touffe.

Faut-il couper les feuilles grillées par le gel ?

Non, pas tout de suite. Elles tombent d’elles-mêmes et de nouvelles feuilles prennent le relais au printemps. Sur les petits bambous comme les Pleioblastus ou le Shibataea, on peut rabattre à la fin de l’hiver pour retrouver un feuillage propre. Sur les grands, on retire seulement les cannes mortes.

Peut-on laisser un bambou en pot dehors tout l’hiver ?

Oui, si la variété est rustique et si le pot est protégé. Mais un bambou en pot supporte moins de froid qu’en pleine terre : emballez le contenant, placez-le à l’abri du vent contre un mur et choisissez une variété avec de la marge, comme le ‘Kimmei’.

Bien choisi, bien paillé, un bambou passe l’hiver bien mieux que sa réputation.

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