L'essentiel
Phyllostachys edulis, le bambou moso, est le plus grand bambou cultivé en France : une dizaine de mètres dans le Nord et l'Est, jusqu'à 20-25 m au sud de la Loire. Souche rustique vers -20 °C, très traçant : à réserver aux grands terrains.
Le géant de la famille. Le bambou moso, longtemps vendu sous le nom de Phyllostachys pubescens, est celui qui monte le plus haut sous notre climat. En Chine, c’est le bambou des grandes forêts, des pousses qu’on mange et du bois qu’on travaille. Chez nous, c’est surtout une plante de grand jardin… et de patience.
À quoi le reconnaître ?
- Hauteur : 20 à 25 m dans les meilleures situations du sud de la France, une dizaine de mètres dans le Nord, l’Est ou en sol difficile.
- Cannes : 8 à 10 cm de diamètre en général, parfois 12 à 15 cm. Elles sont d’un vert un peu grisé et couvertes d’un fin duvet quand elles sont jeunes (d’où l’ancien nom pubescens).
- Feuillage : étonnamment fin pour un si grand bambou ; la ramure reste légère et laisse passer la lumière.
Où le planter ?
Il lui faut de la place, une situation abritée et une terre riche qui reste fraîche en été. C’est au sud de la Loire qu’il donne sa pleine mesure. La touffe installée supporte autour de -20 °C, mais les jeunes plants sont fragiles : protégez-les l’hiver pendant les premières années (paillage épais, voile).
Planté en bosquet, il crée une vraie petite forêt de bambous ; en isolé dans un grand parc, c’est une pièce maîtresse. Dans un jardin de lotissement, en revanche, il n’a pas sa place.
Traçant ou pas : faut-il une barrière ?
Oui, et une sérieuse. Comme tous les Phyllostachys, il est traçant : ses rhizomes courent sous terre et peuvent ressortir plusieurs mètres plus loin. Avant de planter, posez une barrière anti-rhizomes de 60 à 70 cm de profondeur, qui dépasse de quelques centimètres au-dessus du sol, ou installez-le dans un grand bac. Faites ensuite le tour de la touffe une fois par an, à la fin de l’été, pour couper ce qui chercherait à passer par-dessus. Avec un bambou de cette taille, mieux vaut prévoir large dès le départ.
Culture et entretien
- Ne vous inquiétez pas si les premières années sont modestes : il commence par s’enraciner. Les grosses cannes viennent quand la touffe est bien installée.
- Apportez régulièrement de la matière organique (compost, fumier décomposé) les premières années.
- Arrosez pendant les étés secs.
- Retirez les cannes mortes ou abîmées pour garder un bosquet propre et lumineux.
Ses turions, au printemps, sont parmi les pousses de bambou les plus consommées en Asie : récolter ceux qui sortent au mauvais endroit est une façon gourmande de le contenir.
En pot ?
Non : il est bien trop grand. Un moso en bac reste chétif et ne montre jamais ce qui fait son intérêt.


