L'essentiel
Le bambou noir (Phyllostachys nigra) atteint 5 à 7 m et sa souche tient de -15 à -20 °C selon les sources. Traçant, il lui faut une barrière ; ses cannes noircissent au soleil. Attention : tous les nigra fleurissent depuis 2022.
C’est le bambou qu’on reconnaît de loin : des cannes d’un noir d’ébène sous un feuillage vert. Spectaculaire, très répandu en jardinerie, cultivé en Europe depuis le XIXe siècle… et pourtant pas toujours réussi, parce qu’on oublie qu’il lui faut deux choses : du soleil et de l’eau.
À quoi le reconnaître ?
- Hauteur : 5 m en moyenne en France, 6 à 7 m dans de très bonnes conditions. Nettement moins en pot.
- Cannes : vertes à leur sortie, elles foncent peu à peu et deviennent noires en un à trois ans. Plus elles prennent le soleil, plus le noir est franc.
- Feuillage : fin, vert, assez léger.
Tous les plants vendus ne se valent pas : il existe plusieurs clones, plus ou moins noirs. Si vous pouvez choisir sur place, prenez celui dont les vieilles cannes sont les plus sombres.
L’espèce a aussi des formes nommées : ‘Punctata’, ponctué avant de noircir ; ‘Boryana’, le bambou tigré aux chaumes tachetés ; ‘Megurochiku’, vert-gris rayé de noir ; et ‘Henonis’, la grande forme verte. Toutes sont concernées par la floraison décrite plus bas.
Où le planter ?
En plein soleil de préférence ; à mi-ombre il pousse aussi, mais les cannes restent plus brunes que noires. Il déteste les coins balayés par le vent et les sols qui sèchent : une terre riche, qui garde sa fraîcheur l’été, lui va bien. Côté froid, les sources varient : -15 °C pour une grande pépinière américaine, -16 à -20 °C pour une pépinière néerlandaise, -20 °C pour une pépinière française. Notre outil retient la valeur prudente, -15 °C. Les feuilles, elles, commencent à griller autour de -10 °C, surtout si le vent s’en mêle.
En massif, en isolé ou en haie, il fait son effet. Associé à un bambou à cannes jaunes ou à des feuillages argentés, le contraste est saisissant.
Attention : le bambou noir est en fleur
Depuis 2022 environ, tous les Phyllostachys nigra fleurissent en même temps, partout dans le monde : le bambou noir type et toutes ses formes. C’est une floraison grégaire, qui ne survient qu’à de très longs intervalles. Une grande pépinière américaine l’a retiré de la vente « pour plusieurs années ». En France, des touffes en fleur ont été signalées en 2024 en région parisienne et à Nancy.
Pourquoi c’est un souci : un chaume en fleur remplace ses feuilles par des épis. La plante ne se nourrit plus et vide ses réserves. Un Phyllostachys peut repartir de ses rhizomes, mais affaibli, et rien ne le garantit. Acheter un bambou noir aujourd’hui, c’est donc risquer d’acheter une plante en déclin.
- Le repérer : des épillets secs couleur paille au bout des rameaux, un feuillage clairsemé ou jaunâtre, des rameaux couverts de toutes petites feuilles. Dans le doute, n’achetez pas, et demandez au pépiniériste si son stock a fleuri.
- Si le vôtre fleurit : coupez les chaumes fleuris, apportez un engrais riche en azote, gardez toutes les nouvelles pousses, et refaites un apport en septembre. C’est la méthode d’une pépinière française spécialisée, qui ne promet pas de résultat.
- En haie : mélangez au moins deux bambous différents, pour ne pas tout perdre d’un coup.
Pour un bambou sombre qui n’est pas concerné, voyez les Fargesia non traçants : Fargesia nitida ‘Black Pearl’ et Fargesia ‘Black Cherry’.
Traçant ou pas : faut-il une barrière ?
Oui. Comme tous les Phyllostachys, il est traçant : ses rhizomes courent sous terre et peuvent ressortir plusieurs mètres plus loin. Avant de planter, posez une barrière anti-rhizomes de 60 à 70 cm de profondeur, qui dépasse de quelques centimètres au-dessus du sol, ou installez-le dans un grand bac. Faites ensuite le tour de la touffe une fois par an, à la fin de l’été, pour couper ce qui chercherait à passer par-dessus.
Culture et entretien
- Arrosez copieusement les premières années et pendant les étés secs : c’est la sécheresse qui l’abîme le plus.
- Paillez le pied et apportez du compost au printemps.
- Dégagez les petites branches du bas des cannes : c’est là que le noir se voit le mieux.
- Coupez au ras du sol les cannes trop vieilles ou ternes pour laisser place aux nouvelles.
En pot ?
Il s’y plaît, à condition de lui donner un grand bac (60 litres et plus) et de ne jamais le laisser sécher. Il restera plus petit qu’en pleine terre. Un pot sur terrasse ensoleillée est même une bonne façon de profiter de ses cannes sans craindre les rhizomes.
Pour comparer avec d’autres bambous, noirs ou non, passez par notre outil pour trouver son bambou.


