L'essentiel
Phyllostachys nigra 'Megurochiku' est un grand bambou traçant de 6 à 10 m, rustique vers -18 °C, dont le chaume gris-vert porte une bande noire dans le sillon. Rare, et lui aussi touché par la floraison des nigra.
Ni tout à fait noir, ni tout à fait vert : ‘Megurochiku’ est un bambou à rayure. Il a le port et la carrure de ‘Henonis’, la grande forme verte du bambou noir, avec un détail qui arrête le regard : une bande noire logée dans le sillon de chaque entre-nœud.
Sa couleur
Chez les Phyllostachys, chaque entre-nœud porte une gouttière qui change de côté à chaque nœud. Chez ‘Megurochiku’, c’est elle, et seulement elle, qui noircit. Le reste du chaume est vert, puis gris-vert en vieillissant. Le contraste se marque mieux au soleil. Pour en profiter, dégagez le bas des chaumes et plantez-le là où l’on passe près.
Où et comment le cultiver
- Hauteur : 6 à 10 m en Europe ; c’est un grand bambou, à réserver aux jardins qui ont de la place.
- Rusticité : -18 °C, le seul chiffre trouvé (pépinière américaine).
- Exposition : soleil. À l’ombre, la rayure reste discrète.
- Sol : profond, riche et frais. Arrosez bien les deux premiers étés.
Petite histoire documentée : il a été repéré en 1991 au Kubota Garden de Seattle, et serait originaire d’une seule île japonaise.
Attention : il est en fleur
Depuis 2022 environ, tous les Phyllostachys nigra fleurissent en même temps, partout dans le monde : le type, ‘Punctata’, ‘Megurochiku’, ‘Boryana’, ‘Henonis’. C’est une floraison grégaire. Une grande pépinière américaine a retiré ‘Megurochiku’ de la vente « pour plusieurs années », et des touffes en fleur ont été signalées en France en 2024, en région parisienne et à Nancy.
Pourquoi c’est un souci : un chaume en fleur remplace ses feuilles par des épis. La touffe ne se nourrit plus et puise dans ses réserves. Un Phyllostachys peut repartir de ses rhizomes, mais affaibli, et rien ne le garantit.
- Le repérer en jardinerie : des épillets secs, couleur paille, au bout des rameaux ; un feuillage clairsemé ou jaunâtre ; des rameaux couverts de toutes petites feuilles. Dans le doute, n’achetez pas.
- Demandez au pépiniériste si son stock a fleuri. Un vendeur sérieux le sait.
- Si votre touffe fleurit : coupez les chaumes fleuris, apportez un engrais riche en azote, gardez toutes les nouvelles pousses et refaites un apport en septembre. Une pépinière française spécialisée conseille cette méthode, sans promettre de résultat.
- En haie : mélangez au moins deux bambous différents. Une floraison grégaire peut vider d’un coup une haie d’une seule variété.
Pour un bambou sombre qui n’est pas concerné par cette floraison, regardez du côté des Fargesia non traçants : Fargesia ‘Black Pearl’ ou Fargesia ‘Black Cherry’.
Traçant ou pas : faut-il une barrière ?
Oui, et une sérieuse : vu sa taille, ses rhizomes portent loin. Barrière anti-rhizomes de 60 à 70 cm de profondeur, posée large, et contrôle chaque fin d’été. En bac, il restera bien plus petit.
En pot ?
Possible dans un très grand bac, mais ce n’est pas sa vocation : il y perdrait sa carrure. Si vous voulez un bambou noir en pot, ‘Punctata’ ou le bambou noir type s’y prêtent mieux.
Le trouver
Rare. On le trouve dans des collections françaises et chez quelques spécialistes, mais la floraison a vidé les stocks. Pour un autre bambou rayé, voyez Phyllostachys iridescens, et notre outil pour trouver son bambou pour comparer.



