Borinda nujiangensis
L'essentiel
Borinda nujiangensis est un Borinda de collection, non traçant, jusqu'à 6 m, dont la cire bleu-gris des jeunes chaumes disparaît vite pour laisser un vert foncé. Élégant et assez rustique selon son seul descripteur, mais très sensible aux cochenilles et d'identité incertaine.
Son nom vient de la Nujiang, le nom chinois de la Salouen, grand fleuve du Yunnan. La plante cultivée sous ce nom est arrivée aux Pays-Bas en 1995, dans un lot de bambous du Yunnan noté « Yunnan 95-3 ». D’abord prise pour un Fargesia yulongshanensis, elle a ensuite été rapprochée du Borinda nujiangensis, une identification que Chris Stapleton lui-même qualifie de très spéculative. Pour compliquer le tout, deux clones assez différents portent le même numéro ‘Yunnan 95-3c’, l’un nettement plus court, aux gaines tachetées et aux feuilles plus gaufrées.
Pourquoi il est bleu (et combien de temps)
Disons-le tout de suite : ce n’est pas un grand bleu. Les jeunes chaumes portent un peu de cire bleu-gris, qui tombe vite et laisse un chaume vert foncé. Le reflet ne dure que peu de temps après la sortie des pousses. Son charme est ailleurs : des chaumes fins et un peu penchés, des côtes longitudinales bien marquées, de petites feuilles vert foncé luisantes. Une plante très élégante, dit Stapleton. Pendant le court moment bleu, évitez de toucher les chaumes : la cire part au doigt.
Rusticité : ce qu’en disent les sources
Une seule source le décrit, et elle le dit « raisonnablement rustique » sans donner de chiffre. Aucune mesure fiable n’est publiée. Traitez-le comme un Borinda moyen : abri du vent, paillage épais, voile d’hivernage les premiers hivers, et observation attentive après chaque coup de froid.
Le vrai souci : les cochenilles
Les deux clones attirent beaucoup les cochenilles. On les trouve sur les pétioles des feuilles, sur les chaumes et sous les gaines, où elles s’abritent. Avant de l’installer près d’autres bambous, isolez la nouvelle plante quelques semaines, retirez les gaines sèches au pied et inspectez la base des feuilles. Ensuite, surveillez chaque printemps.
Où et comment le cultiver
- Mi-ombre, à l’abri du vent.
- Sol frais, riche, bien drainé.
- Taille : jusqu’à 6 m, chaumes jusqu’à 2 cm, port un peu retombant.
- Cespiteux : cous de rhizome de 3 à 10 cm, touffe dense à assez ouverte, aucune barrière nécessaire.
En pot ?
Aucune source ne parle de sa culture en bac. Avec ses 6 m possibles, il est fait pour la pleine terre, d’autant qu’en pot la souche gèle plus vite. Un bac peut servir le temps de la quarantaine et de la surveillance des cochenilles, pas davantage.
Le trouver
Rare, à réserver aux collectionneurs qui aiment les plantes à histoire. Si c’est le bleu qui vous intéresse, d’autres font bien mieux : le Borinda papyrifera, le Borinda frigidis ou le KR 5287. Tous sont réunis sur notre page bambous bleus.

