Bambous

Les bambous dorés et jaunes : les plus lumineux du jardin

Par 7 min de lecture

Phyllostachys vivax 'Aureocaulis' (Bambou géant doré)
Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’, aux cannes dorées. Photo : Daderot, domaine public (CC0), via Wikimedia Commons.

L'essentiel

Le jaune est la couleur la plus fiable chez les bambous : il tient des années, et certaines formes jaunissent même à l'ombre. Phyllostachys aurea, 'Holochrysa', 'Aureocaulis', sulphurea, 'Suow' : rusticité, hauteur, et pourquoi presque tous demandent une barrière anti-rhizomes.

Un bambou jaune, c’est un coin de jardin qui reste éclairé même par temps gris. Des cannes jaune d’or, jaune citron, parfois presque caramel, qui ressortent sur n’importe quelle haie verte.

Bonne nouvelle : c’est aussi la couleur la plus fiable chez les bambous. Le noir arrive tard et fleurit en ce moment, le bleu s’efface en un an. Le jaune, lui, tient des années.

Moins bonne nouvelle : presque tous les bambous dorés sont des traçants. On en parle franchement plus bas.

D’où vient le jaune d’un bambou ?

Ce qui est jaune, c’est la canne (le chaume, pour les spécialistes). Le feuillage, lui, reste vert. C’est ce contraste qui fait l’effet.

La plupart des cannes dorées sortent vertes, ou vert pâle, au printemps. Elles jaunissent ensuite, en quelques semaines ou quelques mois, une fois les gaines tombées. Et c’est la lumière qui déclenche ou avive ce jaune.

Il y a deux cas :

  • les jaunes « au soleil » : à l’ombre, ils restent verdâtres. C’est le cas du Phyllostachys aurea, le bambou doré classique ;
  • les jaunes « quoi qu’il arrive » : leurs cannes jaunissent même à l’ombre. Le soleil rend juste le jaune plus franc. C’est le cas des formes nommées ‘Holochrysa’ (du grec « tout en or ») et ‘Aureocaulis’ (« tige dorée »).

Retenez ces deux mots latins. Sur une étiquette, ils valent mieux qu’une photo de catalogue.

Les bambous dorés, un par un

Phyllostachys aurea et sa forme ‘Holochrysa’

Le Phyllostachys aurea est le bambou doré qu’on trouve partout. Cannes vert pâle qui jaunissent au soleil, 3 à 5 m de haut en général. On le reconnaît à sa base : des nœuds serrés, irréguliers, comme si la canne avait hésité en sortant de terre.

Il tient autour de -14 à -18 °C, mais son feuillage marque dès -10 °C environ. Pas le plus solide de la bande.

Sa forme ‘Holochrysa’ a les mêmes dimensions, mais ses cannes deviennent jaune d’or en quelques mois, même à l’ombre. Si vous n’avez pas de plein soleil à offrir, c’est elle qu’il faut chercher.

Phyllostachys bambusoides ‘Holochrysa’ (ou ‘Allgold’)

Même nom de cultivar, autre espèce, autre gabarit. Le bambusoides ‘Holochrysa’ monte de 4 à 9 m, avec des cannes plus grosses. Elles sont jaunes dès la chute des gaines et tirent vers le caramel, presque l’orangé, en vieillissant.

Il est plutôt frileux pour un grand Phyllostachys : comptez -15 à -18 °C, et un abri du vent pour garder un feuillage propre.

(Les noms ‘Holochrysa’, ‘Allgold’ et ‘Robert Young’ sont un vrai casse-tête : selon les pépinières, ils désignent le même bambou ou des plantes différentes. Regardez la taille annoncée : 3-5 m, c’est l’aurea ; 4-9 m, le bambusoides ; plus de 9 m, voyez le sulphurea plus bas.)

Phyllostachys aureosulcata ‘Aureocaulis’ : le jaune des régions froides

Le aureosulcata ‘Aureocaulis’ est jaune citron sur toute la canne. Au printemps, au soleil, les jeunes cannes prennent un reflet rose-magenta pendant quelques semaines. Puis le jaune revient. Certaines cannes font un petit zigzag à la base.

Son atout, c’est le froid : -20 à -23 °C selon les pépinières. Si vous habitez l’Est ou la montagne et que vous voulez du jaune, commencez par lui.

Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’ : le grand doré

Le vivax ‘Aureocaulis’ joue dans une autre catégorie : 10 à 15 m de haut, des cannes de 8 à 13 cm de diamètre, jaune d’or avec de rares traits verts. Il tient vers -18 à -21 °C.

Son défaut : des parois minces, donc des cannes cassantes. Plantez-le à l’abri du vent, pas en première ligne face aux tempêtes. Et prévoyez la place, parce que 15 m de bambou traçant, ça ne se case pas entre la terrasse et l’abri de jardin.

Phyllostachys sulphurea : jaune soufre, un peu strié

Vous le trouverez souvent sous le nom Phyllostachys viridis ‘Sulphurea’, ou ‘Robert Young’. En botanique, c’est l’inverse : la forme jaune est l’espèce elle-même, sulphurea, et le bambou vert en est une variante.

Cannes vert clair qui virent vite au jaune soufre, avec quelques fines stries vertes. Un grand bambou : 9 à 12 m. Rusticité vers -18 °C. Il peut sortir de temps en temps une canne verte (un retour à la forme d’origine) : coupez-la au ras du sol.

Phyllostachys bambusoides ‘Castillonis’ : beau, mais en fleur

Le ‘Castillonis’ a de grosses cannes jaune d’or avec une bande verte dans la gouttière. Un classique des parcs. Strictement, c’est un bambou rayé, détaillé dans les bambous rayés.

Mais il faut le dire ici aussi : il est en floraison. Une pépinière néerlandaise le signale en fleur, et une grande pépinière américaine l’a retiré de la vente pour cette raison. Une touffe qui fleurit s’épuise, et parfois meurt. Avant d’acheter, regardez le bout des rameaux (des épis de graminée à la place des feuilles, c’est mauvais signe) et le nombre de jeunes pousses. Tout est expliqué dans le guide des bambous de couleur.

Chimonobambusa quadrangularis ‘Suow’ : le doré carré

Une curiosité. Le ‘Suow’ a des cannes à section presque carrée (passez la main, vous sentirez les angles), jaunes, parfois rayées de vert, qui rosissent au soleil. Petites épines aux nœuds. Entre 2 et 6 m.

C’est le plus frileux de la liste : les cannes peuvent geler jusqu’au sol en hiver rude (on cite de -8 à -15 °C). La souche repart en général, mais il faut un coin abrité. Et il trace, lui aussi. Certaines cannes sortent vertes : coupez-les, sinon elles prennent le dessus.

Le tableau des bambous dorés

La rusticité indiquée est la valeur prudente (la moins froide citée par une source sérieuse), pour une plante installée en pleine terre. Les hauteurs sont celles qu’on observe en culture en France ou en Europe tempérée.

BambouJaune…Rusticité (prudente)HauteurType
Ph. aureosulcata ‘Aureocaulis’citron, toute la canne-20 °C6 à 7 mtraçant
Ph. vivax ‘Aureocaulis’or, rares traits verts-18 °C10 à 15 mtraçant
Ph. sulphurea (vendu « viridis ‘Sulphurea’ »)soufre, quelques stries vertes-18 °C9 à 12 mtraçant
Ph. bambusoides ‘Holochrysa’or puis caramel-15 °C4 à 9 mtraçant
Ph. bambusoides ‘Castillonis’ (en fleur)or, gouttière verte-15 °C6 à 12 mtraçant
Ph. aurea ‘Holochrysa’or, même à l’ombre-14 °C3 à 5 mtraçant
Ph. aurea (bambou doré)au soleil seulement-14 °C3 à 5 mtraçant
Chimonobambusa ‘Suow’jaune rosé, canne carrée-8 °C2 à 6 mtraçant
Bambusa multiplex ‘Alphonse Karr’or strié de vert-5 °C3 à 6 mcespiteux

Pour croiser la couleur avec votre froid et votre place, l’outil fait le tri : trouver son bambou jaune.

Tous traçants, ou presque : prévoyez la barrière

Regardez la dernière colonne du tableau. Les bambous dorés rustiques sont des Phyllostachys (et un Chimonobambusa) : des traçants. Leurs rhizomes filent sous terre et ressortent plusieurs mètres plus loin. Si la différence ne vous parle pas, elle est expliquée dans bambou traçant ou cespiteux.

En pleine terre, une barrière anti-rhizomes n’est pas une option. Autrefois, on se contentait de couper les rejets à la bêche chaque printemps ; ça marche, tant qu’on n’oublie pas une année. Aujourd’hui, on préfère poser la barrière à la plantation, parce que la rattraper après coup est un vrai chantier. Autre solution : le grand bac (voir le bambou en pot), qui convient bien à l’aurea et à ses 3 à 5 m.

Et les exceptions ?

  • Le Bambusa ‘Alphonse Karr’ reste en touffe, avec des cannes jaune d’or striées de vert. Mais il craint le froid : son feuillage s’abîme dès -6 à -7 °C. Pot rentré l’hiver, véranda, ou littoral doux.
  • Le Semiarundinaria ‘Kimmei’, jaune rayé de vert, trace peu. Il est présenté avec les rayés.

Autrement dit, pas de bambou franchement doré, rustique et en touffe. Il faut choisir deux critères sur trois.

Comment avoir un jaune bien franc

  • Du soleil. Indispensable pour l’aurea type, utile pour tous les autres. C’est aussi le soleil qui donne les reflets roses ou magenta passagers.
  • Des cannes visibles. Retirez les rameaux bas et les vieilles cannes ternes. Le jaune ne sert à rien s’il est caché derrière un rideau de feuilles.
  • Une plante nourrie. De grosses cannes jaunes font plus d’effet qu’une forêt de baguettes. Le détail est dans entretenir et tailler un bambou.
  • Couper les cannes vertes qui ressortent sur une forme dorée, au ras du sol, dès que vous les voyez.

Un mot sur le Fargesia murielae, souvent conseillé pour les haies en touffe : ses cannes fines passent du vert au jaune en vieillissant. C’est joli, mais ce n’est pas un bambou doré. Ne l’achetez pas pour ça.

Questions fréquentes

Mon bambou doré reste vert : pourquoi ?

Deux raisons possibles. Soit il manque de lumière : le Phyllostachys aurea type ne jaunit qu’au soleil. Soit il est jeune : les cannes sortent vertes au printemps et jaunissent après la chute des gaines, en quelques semaines ou quelques mois. Si une seule canne reste verte sur une forme dorée, c’est un retour à la forme d’origine : coupez-la.

Existe-t-il un bambou jaune qui ne trace pas ?

Pas de rustique franchement doré. Le Bambusa ‘Alphonse Karr’ reste en touffe, mais il craint le froid au-delà de -5 °C environ. Le Semiarundinaria ‘Kimmei’ trace peu. Pour les autres, barrière anti-rhizomes ou grand bac.

Quel bambou jaune résiste le mieux au froid ?

Le Phyllostachys aureosulcata ‘Aureocaulis’, annoncé de -20 à -23 °C selon les pépinières. Le vivax ‘Aureocaulis’ et le sulphurea suivent, vers -18 °C. L’aurea et le ‘Suow’ sont les plus frileux.

Le jaune, c’est la couleur la plus simple à réussir chez les bambous. Il suffit de lui donner du soleil, et une barrière.

PS : les autres couleurs de la série sont ici : noirs, rouges, bleus, blancs et rayés.

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