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Bambous

Multiplier un bambou : division de touffe et éclat de rhizome

Par 5 min de lecture

Deux éclats de bambou fraîchement prélevés, chacun avec sa motte de racines, un morceau de rhizome et une canne coupée, posés devant un muret et une pile de bûches
Photo : Kuebi = Armin Kübelbeck, licence CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

L'essentiel

On multiplie un bambou en fin d'hiver ou au tout début du printemps en coupant à la bêche ou à la scie des éclats d'au moins deux ou trois cannes avec leurs racines, raccourcis d'un tiers, replantés aussitôt et bien arrosés. Le semis est peu pratique : les bambous fleurissent rarement, et cette floraison les tue parfois.

Un bambou se multiplie facilement. Pas de semis, pas de serre : on prend un morceau de la touffe, avec ses cannes et ses racines, et on le replante ailleurs. Le nouveau pied est la copie exacte de l’ancien.

Facile, oui. Reposant, ça reste à voir.

Une vieille touffe de bambou, c’est un bloc de racines et de rhizomes serrés comme une botte de câbles. Prévoyez des outils solides, et un peu d’huile de coude.

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Quand diviser un bambou ?

À la fin de l’hiver ou au tout début du printemps, avant que les nouvelles pousses sortent de terre. La plante est encore au repos, elle a toutes ses réserves, et les éclats auront toute la saison pour s’enraciner.

Évitez la période où les jeunes pousses grandissent : elles sont tendres, se cassent au moindre choc, et la plante a besoin de toute son énergie pour elles. Évitez aussi l’été, sauf si vous pouvez arroser tous les jours.

Les outils

  • Une bêche bien affûtée, la plus solide que vous ayez.
  • Une scie (une vieille égoïne fait l’affaire) : sur une grosse touffe, la bêche ne suffit pas.
  • Une barre à mine ou une pioche pour soulever la motte.
  • Un sécateur, des gants, et des pots ou des trous déjà prêts.

Une bêche de jardinerie premier prix risque de plier sur une touffe de dix ans. Vous voilà prévenu.

Diviser une touffe, pas à pas

C’est la méthode la plus simple, et la seule possible pour les bambous qui restent en touffe, comme Fargesia nitida ou Fargesia murielae.

  1. Arrosez la veille : une motte humide se travaille mieux et les racines souffrent moins.
  2. Dégagez la touffe. Creusez tout autour. Pour une très grosse touffe, inutile de tout sortir : on peut prélever un morceau sur le bord.
  3. Tranchez. À la bêche ou à la scie, coupez la motte en morceaux. Chaque éclat doit porter au moins deux ou trois cannes et une bonne part de racines. Un éclat d’une seule canne reprend mal.
  4. Réduisez la hauteur. Raccourcissez les cannes d’environ un tiers. Avec des racines abîmées, la plante ne peut pas alimenter tout son feuillage : moins de feuilles, moins de pertes d’eau.
  5. Replantez aussitôt, en pleine terre ou dans un pot rempli d’un mélange léger. Les racines ne doivent pas sécher à l’air.
  6. Arrosez abondamment, même s’il a plu, pour plaquer la terre contre les racines.

Pour la plantation elle-même (trou, terre, paillage), tout est dans notre article planter un bambou.

Et ensuite ?

La première année, l’éclat ne doit jamais manquer d’eau. Un paillis au pied l’aide à garder la fraîcheur. Ne vous attendez pas à des miracles tout de suite : les nouvelles cannes arrivent en général dans le courant de l’année qui suit la division, et la touffe met quelques années à retrouver son allure.

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Bon à savoir : diviser rajeunit aussi la plante mère. Une touffe en pot devenue trop serrée repart de plus belle une fois coupée en deux. C’est d’ailleurs ce qu’on fait tous les trois à quatre ans pour un bambou en pot.

Les traçants : l’éclat de rhizome

Chez les bambous traçants, comme Phyllostachys aurea ou Phyllostachys nigra, c’est plus simple : les rhizomes courent sous terre, et on peut prélever une jeune canne en périphérie avec son morceau de rhizome. Suivez le rhizome à la main ou au transplantoir, coupez-le de part et d’autre de la canne, et soulevez le tout avec ses racines. Mêmes soins ensuite : on raccourcit, on replante, on arrose.

Si vous ne savez pas à quel type appartient votre bambou, voyez notre article bambou traçant ou cespiteux.

La bouture de rhizome, pour les patients

Les pépiniéristes vont plus loin : ils prélèvent un tronçon de rhizome sans canne, avec plusieurs bourgeons (les « yeux ») et quelques racines. C’est ainsi qu’on multiplie par exemple Chimonobambusa quadrangularis, au printemps. Pour un amateur, c’est plus délicat.

  1. Coupez au sécateur un tronçon de rhizome portant plusieurs yeux et des racines.
  2. Couchez-le dans un pot ou une caissette, recouvert de quelques centimètres de mélange léger.
  3. Arrosez régulièrement, mais sans détremper : un rhizome dans une terre gorgée d’eau pourrit.
  4. Patientez : les pousses apparaissent en général dans les trois mois.

Autrefois, le mélange de bouturage contenait une bonne part de tourbe. Aujourd’hui, on la remplace par un terreau sans tourbe, de la fibre de coco ou du compost tamisé, mêlés de terre de jardin et de sable. Même résultat, et on laisse les tourbières tranquilles.

Et les graines ? La floraison des bambous

Un bambou en fleurs, la plupart des jardiniers n’en verront jamais. La floraison est rare, à des intervalles très longs selon les espèces, et elle touche souvent en même temps toutes les plantes issues du même pied, où qu’elles soient.

Et elle n’a rien d’une fête. Les fleurs sont discrètes, sans intérêt décoratif, et la plante y laisse ses forces : elle peut en mourir, ou rester très affaiblie pendant des années. En France, Fargesia murielae a ainsi fleuri à la fin des années 1990, et Phyllostachys flexuosa un peu avant.

Si votre bambou fleurit, rabattez-le, nourrissez-le, arrosez-le, et voyez s’il repart. Sinon, il faudra le remplacer (et c’est le moment de choisir avec l’outil « Trouver son bambou »).

Quant au semis, il est peu pratique pour un jardinier : les graines sont rares, ne se conservent pas longtemps, les plants obtenus ne ressemblent pas toujours à leurs parents, et il faut des années pour faire une vraie touffe. La division reste de loin la meilleure méthode. Si l’aventure vous tente quand même, tout est expliqué dans notre article sur comment semer des graines de bambou.

Questions fréquentes

Combien de cannes faut-il garder par éclat ?

Deux ou trois au minimum, avec une bonne part de racines. Plus l’éclat est gros, plus il reprend vite. Mieux vaut trois beaux morceaux que dix minuscules.

Peut-on diviser un bambou en automne ?

C’est possible dans les régions douces, mais la fin de l’hiver reste le meilleur moment : l’éclat a alors toute la saison pour s’installer avant le froid. Dans les régions à hiver rude, attendez le printemps.

Mon éclat de bambou a perdu ses feuilles : est-il mort ?

Pas forcément. Un éclat perd souvent une partie de son feuillage après la division. Tant que les cannes restent vertes, gardez la terre fraîche et patientez : les nouvelles pousses arriveront de la souche.

Une bêche solide, des éclats de bonne taille, de l’eau : vous aurez des bambous à offrir à Noël.
Prévenez-les juste du cadeau empoisonné s’il s’agit de traçants.

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