Fiche bambou

Dinochloa scandens

Bambou grimpant

L'essentiel

Dinochloa scandens est un bambou liane de l'ouest de Java : ses tiges de 1 à 2 cm s'enroulent autour des arbres et poussent en zigzag sans appui. Tropical et introuvable, il est impossible à cultiver en France hors d'une très grande serre chaude : c'est une curiosité.

Un bambou qui monte dans les arbres comme une liane, cela existe. C’est le genre Dinochloa, une quarantaine d’espèces des forêts d’Asie du Sud-Est. Dinochloa scandens en est l’espèce type : celle qui sert de référence au genre. Elle a été décrite à Java dès 1824, sous le nom de Bambusa scandens. Scandens veut dire « qui grimpe » en latin. Le nom dit tout.

À quoi le reconnaître ?

  • Les tiges : elles s’enroulent autour des troncs voisins pour gagner la lumière. Sans appui, elles poussent en zigzag.
  • Le diamètre : de 0,9 à 2 cm. Les tiges sont pleines, ou creusées d’un tout petit canal.
  • Les gaines : leur base devient épaisse et rugueuse, comme une ceinture autour du nœud. C’est la signature du genre.
  • Les jeunes pousses : violacées, puis vertes en vieillissant. Les feuilles mesurent 11 à 19 cm de long.
  • Le fruit : charnu et rond, de 5 à 7 mm selon les descriptions. Les bambous font d’ordinaire un grain sec, comme le blé.

Jusqu’où grimpe-t-il ?

Pour le genre, on cite des tiges de 10 à 30 m de long. Pour D. scandens lui-même, aucune longueur n’est publiée dans les descriptions récentes. Prudence, donc, avec les chiffres.

Une étude menée à Sabah, dans le nord de Bornéo, sur deux autres espèces, montre comment ils s’y prennent. Seule, une tige tient debout jusqu’à 3 m environ. Quand plusieurs s’enroulent entre elles, elles montent à près de 5 m, puis basculent. Pour atteindre la cime, elles empruntent les lianes déjà installées ou passent par un arbre voisin. Et elles évitent les très gros troncs, trop larges pour s’y enrouler.

Où vit-il ?

On l’a longtemps cru répandu dans toute l’Asie du Sud-Est. Une étude de l’herbier de Bogor, en 2021, a revu tous les échantillons : il ne pousse que dans l’ouest de Java. Les mentions d’ailleurs concernaient surtout d’autres espèces. On le trouve de 20 à 1 400 m d’altitude, sous 3 000 à 4 000 mm de pluie par an, dans les trouées de la forêt et les forêts secondaires. Le jardin botanique de Bogor en conserve des pieds vivants.

Sur place, on s’en sert comme corde de fortune en forêt, et pour tresser des paniers grossiers. L’eau qui coule des tiges coupées est un remède traditionnel. Ses cousins ont moins bonne presse : dans les forêts exploitées, les Dinochloa envahissent les trouées et gênent la repousse des arbres.

Et en France ?

Soyons clairs : impossible. C’est une plante de forêt équatoriale, qui ne connaît ni le froid ni la saison sèche. Il faudrait une très grande serre tropicale, chaude et humide toute l’année, avec de quoi grimper. Il n’est pas dans le commerce. C’est une curiosité, à admirer dans les livres ou en voyage.

Côté racines, rien à craindre : il pousse en touffe lâche, sans rhizomes qui courent. Pour un bambou qui s’appuie sur ses voisins sous un climat plus frais, il y a le Chusquea quila, du Chili. Les autres bambous hors norme sont réunis dans les records des bambous et les bambous étonnants.