Fiche bambou

Raddiella vanessiae

Raddiella vanessiae
Photo : Guillaume Léotard, licence CC0, via Wikimedia Commons

L'essentiel

Raddiella vanessiae est le plus petit bambou du monde : une plante herbacée annuelle de 1 à 2 cm, découverte dans les savanes de Guyane, près de Cayenne, et décrite en 2007. Tropical et absent du commerce, il ne se cultive pas : c'est une curiosité.

Le plus petit bambou du monde pousse en France. Plus précisément en Guyane, dans les savanes proches de Cayenne. Adulte, Raddiella vanessiae mesure 1 à 2 cm de haut. Il a été décrit en 2007 par les botanistes américains Emmet Judziewicz et Sol Sepsenwol, dans un article intitulé, sans fausse modestie, « Le plus petit bambou du monde ».

Un bambou, vraiment ?

Oui. Les botanistes le rangent dans la sous-famille des bambous, parmi les bambous herbacés d’Amérique tropicale. Ceux-là ne font pas de canne ligneuse : ce sont de petites plantes tendres, souvent cachées dans le sous-bois ou la savane. Chez ses proches parents, les plantes font déjà 8 à 40 cm. Lui pousse moins haut qu’un timbre-poste.

À quoi le reconnaître ?

  • La taille : 1 à 2 cm. Ses petites tiges ramifiées, violacées et brillantes, forment de minuscules tapis au ras du sol.
  • Les feuilles : ovales, de 3 mm de long sur 2 mm de large environ, violettes dessous. Elles se replient vers le haut la nuit ou quand il fait sec.
  • Les fleurs : des épillets d’environ 1 mm, qui dépassent à peine des gaines. La graine mesure moins d’un millimètre.
  • Sa durée de vie : c’est une plante annuelle. Selon ses descripteurs, c’est peut-être le seul bambou vraiment annuel.

Où pousse-t-il ?

Dans la savane Lambert, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Cayenne, presque au niveau de la mer. Le sol y est sableux et le bas de la savane est inondé à la saison des pluies. Lui s’installe dans les parties les plus hautes et les plus sèches, où il reste peu commun.

Vanessa Hequet l’y a récolté en fleur le 15 mai 2001. Un détail amusant : un autre échantillon dormait déjà en herbier, récolté en 1979 au bord d’une mare près de Roura. Personne n’y avait vu une espèce nouvelle. Depuis, des naturalistes l’ont photographié dans d’autres savanes de l’île de Cayenne, comme à Matoury.

D’où vient son nom ?

Il rend hommage à Vanessa Hequet, qui l’a trouvé et a décrit avec soin la savane où il vit. Les auteurs racontent avoir d’abord pensé à Lilliput, le pays des tout petits hommes des Voyages de Gulliver. Ils ont gardé Vanessa, et le clin d’œil reste : ce prénom a été inventé par Jonathan Swift, l’auteur de Gulliver.

Et au jardin ?

Non. C’est une petite plante annuelle de savane tropicale, absente du commerce et connue de quelques savanes seulement. Si vous la croisez en Guyane, photographiez-la, mais ne la cueillez pas. En métropole, aucune culture possible hors d’une serre tropicale, et aucun intérêt à essayer.

Pour un vrai bambou nain au jardin, regardez plutôt le Pleioblastus pygmaeus : environ 25 cm au soleil. Et pour mesurer l’écart entre ce nain et le géant Dendrocalamus sinicus, passez par les bambous géants et nains ou les bambous étonnants.