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Arbres et arbustes

Les arbres aux plus belles couleurs d’automne (et comment les choisir pour un jardin)

Par 8 min de lecture

Feuillage de liquidambar en automne, feuilles en étoile rouges, orangées, jaunes et pourpres sur les mêmes branches
Photo : Cbaile19, domaine public, Wikimedia Commons

L'essentiel

Pour les rouges, le liquidambar, le chêne écarlate, l'érable rouge et le nyssa sont les plus spectaculaires, mais ils sont grands et n'aiment pas le calcaire ; pour un petit jardin, l'érable de l'Amour, le parrotia, l'amélanchier, le sorbier ou le cerisier de Sargent restent sous 10 m ; pour l'or, le ginkgo (variété mâle) et l'érable champêtre supportent presque tous les sols.

Chaque automne, c’est la même chose : on passe devant un arbre rouge vif dans un parc, on s’arrête, et on se dit « il me faut le même ». Puis on découvre qu’il fait 25 mètres à l’âge adulte, qu’il déteste le calcaire, ou qu’il sème des fruits piquants sur la terrasse. Voici les arbres qui offrent les plus belles couleurs d’automne, rouges, orangés ou dorés, et surtout comment choisir celui qui ira vraiment dans votre jardin.

Pourquoi certains arbres rougissent et d’autres jaunissent ?

En été, la chlorophylle masque tout. À l’automne, l’arbre la démonte pour récupérer ce qu’il peut avant de lâcher ses feuilles. Les pigments jaunes et orangés, présents depuis le début, apparaissent alors : c’est le jaune du ginkgo ou du bouleau.

Le rouge, lui, est fabriqué sur le moment, à partir des sucres de la feuille. Il lui faut des journées ensoleillées et des nuits fraîches, sans gel trop précoce. C’est pour ça que les couleurs changent d’une année à l’autre, et qu’un même arbre sera flamboyant en plein soleil et terne à l’ombre.

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Deux ennemis des belles couleurs : la sécheresse de fin d’été, qui fait brunir et tomber les feuilles avant l’heure, et l’ombre. Retenez-le pour choisir l’emplacement.

Les arbres aux plus beaux rouges

Le liquidambar, la star de l’automne

Le liquidambar (Liquidambar styraciflua) passe par toutes les couleurs, du jaune au pourpre presque noir, souvent sur le même arbre. Il colore tard, en octobre-novembre, et longtemps. Ses feuilles en étoile ressemblent à celles d’un érable.

Ce qu’on dit moins : il atteint couramment 15 à 20 mètres, il veut un sol frais, neutre à acide (en terre calcaire, ses feuilles jaunissent de chlorose en plein été), et ses fruits en boules hérissées tombent tout l’hiver. Pas sur la terrasse, donc. Pour un petit jardin, cherchez une forme étroite comme ‘Slender Silhouette’, en colonne.

Les chênes américains : écarlate et des marais

Le chêne écarlate (Quercus coccinea) porte bien son nom : rouge franc, lumineux, en fin de saison. Le chêne des marais (Quercus palustris), plus pyramidal, rougit aussi et supporte les sols humides. Tous deux sont de grands arbres, au-delà de 20 mètres avec le temps, qui n’aiment pas le calcaire. Pour une grande propriété, ce sont des choix magnifiques et durables.

Les érables : du très grand au tout petit

  • L’érable rouge (Acer rubrum), avec ses variétés ‘October Glory’ ou ‘Red Sunset’ : rouge vif, grand arbre, sol plutôt acide et frais.
  • L’érable de l’Amour (Acer ginnala, aujourd’hui rattaché à Acer tataricum) : un petit arbre de 5 à 7 mètres, souvent sur plusieurs troncs, d’un rouge éclatant. Très rustique, peu exigeant sur le sol. Un des meilleurs choix pour un petit jardin.
  • L’érable de Freeman ‘Autumn Blaze’ (Acer × freemanii) : un hybride de l’érable rouge, plus tolérant sur la nature du sol, rouge orangé.

Et l’érable du Japon ? C’est un arbuste plus qu’un arbre : nous en parlons avec d’autres dans notre sélection d’arbustes au feuillage rouge.

Le nyssa, le rouge le plus intense

Le nyssa (Nyssa sylvatica) offre un des rouges les plus vifs qui soient, avec des feuilles brillantes. Il pousse lentement, demande un sol acide et frais, et se transplante mal : on le plante jeune et on n’y touche plus.

Les orangés et les arbres « multicolores »

  • Le parrotia ou arbre de fer (Parrotia persica) : jaune, orange, rouge et pourpre en même temps. Petit arbre large, de 6 à 8 mètres, il supporte mieux le calcaire que la plupart des arbres à couleurs vives.
  • Le cerisier de Sargent (Prunus sargentii) : floraison rose au printemps, puis l’un des premiers à virer à l’orange et au rouge, dès fin septembre.
  • L’amélanchier : petit arbre de 4 à 8 mètres, fleurs blanches en avril, baies comestibles en juin, et feuillage orange à rouge en automne. Trois saisons pour le prix d’une, à condition que le sol ne soit pas trop calcaire.
  • Le sorbier des oiseleurs et le sorbier du Japon (Sorbus commixta) : feuillage orange à rouge, et des grappes de fruits que les merles nettoient en quelques jours.
  • Le cercidiphyllum ou arbre à caramel : jaune, orange et rose, et ses feuilles tombées sentent la barbe à papa. Sol frais obligatoire.

Les plus beaux jaunes et ors

  • Le ginkgo : un jaune d’or pur, et un spectacle à part, puisqu’il lâche souvent toutes ses feuilles en quelques jours. Il supporte à peu près tous les sols et la pollution. Choisissez une variété mâle (‘Autumn Gold’, ou ‘Princeton Sentry’ en colonne) : les fruits des pieds femelles sentent le beurre rance. Il existe aussi des formes naines, comme ‘Mariken’, pour les pots.
  • Le tulipier de Virginie : jaune beurre, feuilles à la forme étonnante. Un géant de 25 mètres et plus, à réserver aux grands terrains (ou en variété ‘Fastigiatum’, plus étroite).
  • Le savonnier (Koelreuteria paniculata) : jaune à orangé, fleurs jaunes en été, fruits en lanternes. Petit arbre qui supporte le calcaire et la sécheresse.
  • L’érable champêtre, notre érable indigène : jaune d’or, à l’aise en sol calcaire, parfait pour la faune et pour les haies.
  • Le bouleau : jaune lumineux sur écorce blanche, ombre légère. Seul bémol : son pollen est très allergisant.
  • Le hêtre : du jaune au cuivre, et les jeunes sujets gardent souvent leurs feuilles sèches tout l’hiver.

Dans notre encyclopédie de 1954… Les listes d’arbres « à feuillage rougissant » et « jaunissant » des ouvrages de jardinage citaient déjà le liquidambar, le chêne écarlate, le chêne des marais, l’érable de l’Amour, le ginkgo et le tulipier. Soixante-dix ans plus tard, le podium n’a presque pas bougé. Un seul champion a perdu sa place : le marronnier, qu’on rangeait parmi les beaux jaunes d’automne. Depuis le début des années 2000, une petite chenille, la mineuse du marronnier, roussit ses feuilles dès l’été. L’automne arrive chez lui avec deux mois d’avance. On vous présente ce vieux livre ici.

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Comment choisir le bon arbre pour votre jardin

1. Regardez la taille adulte, pas la taille en pot

C’est l’erreur la plus fréquente, et elle ne date pas d’hier. Les jardiniers classent les arbres en trois « grandeurs » :

  • première grandeur, 15 à 20 mètres et plus : liquidambar, chênes, tulipier, érable rouge ;
  • deuxième grandeur, 10 à 15 mètres : bouleau, nyssa, cercidiphyllum ;
  • troisième grandeur, 5 à 10 mètres : érable de l’Amour, parrotia, amélanchier, sorbier, savonnier, cerisier de Sargent.

Dans un jardin de lotissement, la troisième grandeur est presque toujours la bonne. Et un arbre qu’on doit élaguer sévèrement tous les trois ans parce qu’il a été mal placé ne fait plus de belles couleurs : il fait des repousses.

2. Connaissez votre sol

Beaucoup des rouges les plus spectaculaires (liquidambar, chêne écarlate, érable rouge, nyssa) n’aiment pas le calcaire. Si votre terre fait mousser une goutte de vinaigre, misez plutôt sur l’érable de l’Amour, le parrotia, le cerisier de Sargent, le savonnier, l’érable champêtre ou le ginkgo. Inutile de « corriger » le sol à coups de terre de bruyère dans le trou de plantation : les racines finissent toujours par rejoindre la vraie terre du jardin, et la terre de bruyère comme la tourbe s’extraient de milieux naturels fragiles.

3. Donnez-lui du soleil

Le rouge se fabrique à la lumière. Un arbre à couleurs d’automne planté à l’ombre d’un mur nord restera vert-jaune, puis brun. Si possible, placez-le là où le soleil bas d’octobre le traverse : vu à contre-jour depuis la maison, l’effet est doublé.

4. Étalez le spectacle

Tous les arbres ne colorent pas en même temps. Le cerisier de Sargent et les sorbiers ouvrent le bal fin septembre, les érables et le ginkgo prennent le relais en octobre, et le liquidambar et les chênes ferment la marche en novembre. Avec deux arbres bien choisis, vous avez de la couleur pendant deux mois.

5. Choisissez-le en couleur

Chez le liquidambar ou l’érable rouge, deux jeunes plants issus de semis peuvent donner des couleurs très différentes. Les variétés nommées, multipliées par greffe ou bouture, sont plus sûres. Le plus simple reste d’aller en pépinière en octobre : vous voyez ce que vous achetez.

Ceux qu’on ne plante plus

Autrefois, on recommandait sans arrière-pensée des arbres exotiques vigoureux, quitte à ce qu’ils se ressèment partout. Aujourd’hui, on évite ceux qui s’échappent des jardins et envahissent les milieux naturels, même s’ils colorent joliment :

  • l’ailante ou faux vernis du Japon, devenu une plaie le long des routes et des voies ferrées ;
  • le sumac de Virginie, superbe en rouge mais qui drageonne à plusieurs mètres, jusque chez le voisin ;
  • l’érable négundo, qui envahit les bords de rivière ;
  • le cerisier tardif (Prunus serotina), qui étouffe le sous-bois des forêts.

Avec un érable de l’Amour ou un parrotia, vous aurez d’aussi belles couleurs, et la conscience tranquille.

Planter son arbre : quand et comment

Le bon moment, c’est maintenant : de la chute des feuilles à la fin de l’hiver, hors gel. Nous expliquons en détail pourquoi l’automne est la meilleure saison pour planter arbres et arbustes.

  1. Préférez un jeune sujet : il reprend mieux et rattrape vite un gros arbre acheté cher qui « boude » deux ou trois ans après la plantation.
  2. Prévoyez la place de l’adulte dès le premier jour, et ne serrez pas pour faire de l’effet tout de suite : des arbres trop proches s’étiolent et se dégarnissent.
  3. Respectez les distances légales : en l’absence de règle locale, un arbre destiné à dépasser 2 mètres doit être planté à au moins 2 mètres de la limite de propriété.
  4. Arrosez copieusement à la plantation, puis pendant les deux premiers étés : un arbre qui a soif en août ne fera pas de belles couleurs en octobre.
  5. Paillez le pied avec des feuilles mortes ou du broyat pour garder la fraîcheur.

Questions fréquentes

Quel arbre aux couleurs d’automne pour un petit jardin ?

L’érable de l’Amour, le parrotia, l’amélanchier, le cerisier de Sargent ou le sorbier : tous restent entre 5 et 10 mètres environ. Pour une silhouette étroite, il existe aussi des liquidambars et des ginkgos en colonne.

Pourquoi mon arbre ne rougit-il pas ?

Les causes les plus courantes : trop d’ombre, une sécheresse de fin d’été qui fait tomber les feuilles avant l’heure, un sol calcaire pour une espèce qui ne l’aime pas, ou simplement un plant de semis moins coloré que la moyenne. Les années à automne doux et nuageux donnent aussi des couleurs plus ternes.

Quel arbre aux belles couleurs supporte le calcaire ?

L’érable champêtre, l’érable de l’Amour, le parrotia, le savonnier, le ginkgo et le cerisier de Sargent s’en accommodent bien. Évitez en revanche le liquidambar, le chêne écarlate, l’érable rouge et le nyssa.

Que faire des feuilles mortes ?

Les garder ! Étalées au pied des arbres et des massifs, elles font un paillis gratuit qui nourrit le sol en se décomposant. Sur la pelouse, ramassez-les ou broyez-les à la tondeuse, puis mettez-les au compost.

Un arbre, ça se choisit pour cinquante ans. Autant qu’il vous fasse rougir de plaisir chaque automne, et pas de honte devant l’élagueur.

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