Fiche bambou

Phyllostachys atrovaginata

Bambou à encens

Phyllostachys atrovaginata (bambou à encens)
Photo : Filostachys, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L'essentiel

Phyllostachys atrovaginata est le bambou des sols humides : ses rhizomes ont des canaux à air qui lui permettent de pousser au bord de l'eau. Traçant de 5 à 8 m, rustique de -15 à plus de -20 °C selon les sources, il exige une barrière ou un grand espace.

La plupart des bambous détestent avoir les pieds dans l’eau. Phyllostachys atrovaginata fait exception. Ses rhizomes et ses racines sont parcourus de canaux qui laissent passer l’air, un peu comme chez les plantes de marais. Résultat : là où un autre bambou pourrit, celui-ci s’installe. En prime, ses cannes dégagent par temps chaud, ou quand on les frotte, une odeur qui rappelle l’encens ou le bois de santal. D’où son surnom de bambou à encens.

À quoi le reconnaître ?

  • Les cannes : vertes, droites, raides, assez grosses pour leur hauteur (3 à 5 cm, parfois 7 cm), avec une surface un peu cireuse.
  • Les gaines : vert sombre striées de pourpre-noir, parfois rouge vineux à la base. Ce sont elles qui lui donnent son nom : « atrovaginata » veut dire « à gaines sombres ».
  • La hauteur : 5 à 8 m en France ; 7 à 10 m dans son aire d’origine, l’est de la Chine (Jiangsu, Zhejiang).
  • Le port : dressé, avec des rameaux courts qui restent serrés contre les cannes.

Vous le trouverez aussi sous son ancien nom, Phyllostachys congesta, et parfois sous un nom commercial évoquant son parfum.

Où le planter ?

C’est le bambou des terrains frais à humides : bord de mare, fond de jardin mal drainé, rive de fossé. Il pousse aussi en sol ordinaire, au soleil ou à mi-ombre. Côté froid, les avis vont du simple au double : -15 °C pour une pépinière française prudente, -22 °C pour une autre, et jusqu’à -23 ou -26 °C selon les sources américaines, qui le rangent parmi les Phyllostachys les plus rustiques. Notre outil retient -20 °C, une valeur prudente au regard de la plupart des sources.

Traçant : faut-il une barrière ?

Oui, et c’est sérieux. C’est un traçant vigoureux, dont les rhizomes peuvent ressortir loin de la touffe : une pépinière américaine parle de près de 9 m. Posez une barrière anti-rhizomes en polyéthylène haute densité, enterrée sur 60 à 70 cm, le bord dépassant de quelques centimètres, et faites le tour chaque fin d’été. Au bord d’une mare ou d’un fossé, posez-la dès la plantation : un bambou installé dans une berge est très difficile à déloger.

Ses pousses se mangent

Ses jeunes pousses, qui sortent à la fin du printemps, sont réputées parmi les meilleures des Phyllostachys. Récolter les pousses qui sortent hors de la zone voulue est d’ailleurs une bonne façon de contenir la touffe. Comme toutes les pousses de bambou, elles se mangent cuites. En Chine, ses cannes servent aussi à la vannerie.

Le trouver

En pépinière spécialisée. Si votre terrain est sec, d’autres Phyllostachys feront aussi bien l’affaire, comme Phyllostachys bissetii, lui aussi très rustique, ou Phyllostachys dulcis pour les pousses. Et pour comparer : notre outil pour trouver son bambou.